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paroles indiennes

Paroles indiennes

Publié le par la freniere


Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu'ils foulent est fait de la cendre de nos aïeux.   


   

Pour qu'ils respectent la terre, dites à vos enfants qu'elle est enrichie par les vies de notre race.   


  

Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère.   


   

Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre.   


   

Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.   


 

                       Chef indien Seattle

 


 

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PRIERE AMERINDIENNE

 

 

Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !
Laissez-moi partir

Car j'ai tellement de choses à faire et à voir !
Ne pleurez pas en pensant à moi !


N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !


Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,

Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d'automne,
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit !

.

N'allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort.

.

 

 

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Les Blancs qu'on connaît, ça veut toujours ou acheter ou casser.


Un Indien Piaroas d'Amérique du Sud

 


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LES INNU


Leur territoire traditionnel, qu'ils occupent depuis des millénaires, est une vaste région subarctique de forêts de conifères, de lacs, de rivières et de rochers 'stériles' qu'ils appellent Nitassinan. Jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle ils étaient des chasseurs nomades. La plus grande partie de l'année les cours d'eau de Nitassinan sont gelés et ils devaient se déplacer en petits groupes de deux ou trois familles, sur des raquettes à neige, poussant des traîneaux. A la fonte des glaces ils se rendaient en canoë sur la côte ou sur une grande île lacustre pour pêcher, commercer, retrouver leurs parents et amis. Ils chassaient l'ours, le castor et le porc-épic, pêchaient et cueillaient des baies mais vivaient aussi sur les troupeaux de caribous qui migrent à travers leur territoire au printemps et à l'automne.
Jusqu'à très récemment, les Innu obtenaient tout ce dont ils avaient besoin (nourriture, habillement, abris, outils, armes) du caribou, animal d'une très grande importance culturelle pour eux. A présent, de nombreux Innu ont été sédentarisés dans des villages; bien que beaucoup continuent à chasser, pêcher et cueillir, certains sont obligés de chercher un travail salarié ou doivent dépendre de l'aide sociale.

Durant les années 1950 et 1960, les Innu nomades subirent les pressions du gouvernement canadien et de l'Église catholique pour se fixer dans des villages. La transition pour eux fut difficile et traumatisante. La vie sédentaire en communautés est marquée par un haut degré d'alcoolisme, de drogue (reniflement d'essence) chez les enfants, de violences et un taux record de suicides.
Beaucoup d'Innu luttent toujours pour retrouver leur mode de vie traditionnel mais c'est devenu très difficile, le gouvernement attribuant des concessions minières sur leurs terres, inondant le cœur de leur territoire pour la construction d'usines hydro-électriques et sillonnant le reste par des routes. En avril 1999, la commission des Droits de l'Homme de l'ONU a décrit la situation des peuples indigènes comme posant 'la question la plus urgente au gouvernement canadien' et condamné le Canada pour avoir 'supprimé' les droits des peuples indigènes.

Survival mène une campagne pour que le gouvernement canadien révise son mode de négociations avec les Innu et d'autres groupes semblables alors qu'actuellement il ne reconnaît les droits territoriaux des Innu que si ceux-ci acceptent d'abandonner la plus grande partie de leur territoire. Le Canada doit reconnaître les droits des Innu sur leur propre terre et celui d'y vivre selon leur propre choix.

 


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Rita Mestokosho est née dans la communauté d'Ekuanitshit (Mingan) en 1966 où elle réside encore aujourd'hui. Elle est la première poétesse innu à avoir publié au Québec. Après ses études en sciences politiques, de retour dans son village d'origine, elle participe à la création d'une Innu mitshuap uteitun, une maison de la culture dans sa communauté et devient conseillère au Conseil de bande d'Ekuanitshit. Écrivant depuis l'adolescence, elle s'est vite demandée comment elle pouvait rester innu en empruntant un chemin aussi différent de celui de ses grands-parents. L'écriture lui a permis de se retrouver.

 

 













Un peuple sans terre


Quand la lune sera pleine

Et que le soleil sera rouge

On verre alors sur la plaine

Un homme faisant brûler de la sauge.


Sa peine sera immense comme la mer

Car il aura vu la terre disparaître sous ses pieds.

Les hommes machines l'auront dévorée les premiers

Pour en faire

Une nouvelle cité.


Là où l'entraide et le respect n'existeront pas

Tu piétinera mon enfant, mais tu le fais déjà

Ta soif d'ambition et de grandeur nous tuera

Malgré tout cela, mon esprit survivra.


Tant que le soleil brillera au-dessus de nous

Et que les rivières seront débordantes d'énergie

Tu entendras nos rires les plus fous

Qui te poursuivront dans ton rêve maudit.


N'enlève pas à la terre son dernier souffle

Permets à notre mère de respirer

Et de voir ses enfants courir à bout de souffle

Dans la nature qui es ma protégée.


Rita Mestokosho


Extrait de Eshi uapataman Nukum. Comment je perçois la vie, Grand-Mère, Éd. Pioekuakami, 1995

 


Vous pourrez lire des poèmes de cet auteur dans le numéro de mars 2009 de Francopolis

 


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LE WAPIKONI À L'HONNEUR AUX RVCQ


Le 21 février 2009, les Rendez-vous du cinéma québécois célèbreront les cinq ans du Wapikoni mobile avec un programme exceptionnel. Plongez-vous dans l'univers autochtone le temps d'une journée!

16h Projection du film Entre l'arbre et l'écorce de Kevin Papatie, en compétition pour le Prix à la création artistique du Conseil des arts et lettres du Québec.
Cinémathèque québécoise - 335, boulevard De Maisonneuve - Salle Claude-Jutra

17h Le réalisateur Kevin Papatie prendra la parole au5 à 7 des Rendez-vous durant la table ronde Un écran trop blanc pour un Québec métissé?
Cinémathèque québécoise - 335, boulevard De Maisonneuve - Espace Cocktail

20h Dans la catégorie Coups de chapeau, les RVCQ célèbrent le 5e anniversaire du Wapikoni mobile par une projection de ses films les plus marquants.
Grande bibliothèque - 475, boul. De Maisonneuve Est - Auditorium

21h Projection du film Des forêts de Kitcisakik aux forêts du Xingù d'Évelyne Papatie.

Cinémathèque québécoise - 335, boulevard De Maisonneuve - Salle Fernand-Seguin.

 


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LA TRAVERSÉE DU «TCHÉ»


« Je viens de rentrer après un circuit qui m'a amené jusqu'en Bolivie orientale, à Santa Cruz de la Sierra, près du lieu où a été assassiné le « Tché ». J'ai beaucoup réfléchi à tout cela, ces jours derniers, surtout que je viens tout juste de visionner le Diaro de um motorista7, avant de quitter le Brésil. J'ai dégoté (!) également, lors d'un voyage précédent au Venezuela, un document CD où celui-ci, lors d'un passage à Alger, s'adresse en français à son auditoire8. Et je me disais alors que jamais nous n'avions à ce jour pleinement réalisé - nous Métis francophones et Francos Créoles - le rassemblement de nos solidarités ni même pris conscience de la nature de nos parcours respectifs. Ne serait-ce que dans l'imaginaire et le sillon d'une pensée panamériquaine !


En songeant à ces quatre dernières décennies, je me suis dit soudain : « Mais c'est nous, tout cela. Ce monde nous a traversés. Qu'en savons-nous aujourd'hui et qu'en faisons-nous ? » Leçons d'une histoire active envolée. D'autant que mes amis brésiliens, qui avaient résolu de me mettre à jour, un peu tardivement, m'ont aussi fait voir le film Hair9 (qu'on avait fait quelque vingt ans plus tard que le show).


Replonger dans Woodstock, le Peace & Love, la guerre du Vietnam et toute cette mouvance dans laquelle le Québec a été passablement mêlé, au point où je me demande s'il n'en est pas une des résultantes les plus durables... J'ai vécu une bonne partie de cette période (1965-1977) aux États-Unis, en Anglo-Canada, en Alaska, en Angleterre, aux Caraïbes, au Pérou et donc hors-Québec. Je suis parti alors que l'idée même de Québec n'existait virtuellement pas pour revenir dix-douze ans plus tard dans un pays où l'avant-Québec n'existait plus. Bref, trois siècles et demi avaient été précipités dans le néant et la pensée millénaire algonquienne et autre se voyait réduite à quelque tempête de neige fondue.


Le « Tché » disparaît en 1967, la même année que l'Expo 67 à Montréal et la mise en œuvre de Pipeline Alyeska10 dans la mouvance de l'occupation de l'Isle d'Alcatraz dans la Baie de San Francisco, symbole de la résistance autochtone en compagnie de Marlon Brando par la transformation d'un pénitencier en monument de la renaissance indienne11. Alors que Leonard Peltier12, un Métis canadien (donc québécois) du Dakota est arrêté par la CIA et mis en prison pour atteinte aux principes fondateurs des USA. Et on sent bien - le film Apocalypse Now13 allait le montrer dix ans plus tard - que la Conquête de l'Ouest se poursuivait dorénavant au Viet Nam, les cow boys fringants ayant délaissé leurs chevaux mustangs pour enfourcher des hélicoptères et poursuivre leur cavalcade dérisoire jusqu'au fond de l'Asie, afin de traquer les derniers Indiens qui se trouvaient dans leur propre tête. Et voilà que maintenant la conquête de l'Ouest continue de tourner sur elle-même en Irak, mais le monde a changé entre temps et les chevaliers de l'Apocalypse wasp14 courtisent l'Empire du Soleil levant, sachant trop bien que leur épopée croule sous ses propres trouées.


Ce que je retiens d'un retour à Hair, c'est un immense éclat de rire, un chant se propageant à l'échelle de toute la Nord-Amérique et une liberté d'être, mais une liberté d'être impossible à concevoir maintenant. Impossible. Le Pays des Pèlerins de la Fleur-de-Mai (Mayflower) est muselé jusqu'à l'os et plus de 35 millions d'Hispanos l'ont infiltré de l'intérieur et Guevara est en train de gagner le seul combat qu'il n'avait pas prévu, ni nous non plus d'ailleurs, Francos des USA totalisant quelque 25 millions : forcer les grands Texans roux, les red necks15 des Apocalypses maganées à faire leur petit négoce ou leurs grandes opérations en espagnol. Pendant que le In God We Trust16 imprimé sur le billet d'un dollar est aux prises avec un Mahomet victorieux, alors que les Malcolm X17 se multiplient, mine de rien, depuis le Montana jusqu'à la banquise polaire.


« De tu presencia querida, Commandante Che Guevara »18, dit la chanson qu'auront murmurée des millions et des millions de lèvres. Les églises évangélistes auront beau, en contrepartie, vouloir s'emparer de l'âme brésilienne et hispano en construisant des temples à rendre jaloux le Complexe Desjardins, à Montréal, le plus grand héros sanctifié des Amériques demeure le « Tché ». (11 octobre 2007)


« Quiconque a déambulé à travers les plazas centrales de la Latino-Amérique a buté des dizaines et des dizaines de fois contre le visage du « Tché » déposé là, à l'horizontale, sur le macadam en compagnie de toute la paraphernalie19 des posters contemporains !...


Einstein tirant la langue au cosmos, les Beattles unis par leur crinière couronnant l'instrument de leur voix, un Jésus-Christ brésilien au sexe incertain, Frida Kahlo20 la résistante à Coyoacán, México ; la Mulatta callypige21 voisinant avec un Saint-Sébastien percé de flèches offert à la convoitise de voyeurs ambisexes à Rio, Toupac Amarou22 à une certaine époque au Pérou, fréquentant sur le poster voisin quelque jazzman de la Nouvelle-Orléans ; puis un visage de femme, teint blanche-pêche, à l'érotique créole pour gens de couleur ou, à l'opposé, un visage de femme noire chocolat, au sourire cajoleur pour gens sans couleur !... Tout cela, sans oublier les United Colors of Benetton, mais toujours à travers ce dédale d'images se chevauchant, se confrontant ou se donnant l'accolade universelle, l'éternel halo du Che, le « Tché » !


Aucun doute ne plane à cet effet. Le combat de Simón Bolívar a été remporté par Che Guevara dans un monde voulant se libérer tout en conservant l'avant et l'après de sa longue marche : Wall Street et l'aura de sa tribu perdue, les Barbudos de la Sierra Maestra23 et la salsa-reggae de la béguine doublée. L'image de Macadam Cowboy et de la Marlboro America, le spectre de l'ange déchu se retrouvant entre les bras en flammes des Twin Towers et de la Statue de la Liberté transformée en Corcovado24, le Christ rédempteur veillant sur la plage de Copacabana, hantent les couloirs du désir latino. Mais le « Tché », quels que soient les morts qu'on lui impute après coup et le procès qu'on lui intente25... le Che est mort au combat sur la croix désarticulée des yungas26 de la Bolivie, une étoile au front, un scapulaire à la poitrine.


Il est mort en héros catapulté jusqu'au bout de son combat dans les bras mêmes d'un pays portant le nom de Bolívar entre le campo et la roca, la fardoche et le bush27. Et c'est pourquoi dans ces Amériques en éternel recommencement, dans ces terres de paradis perdus transformés en Chicago et en São Paulo, le « Tché » malingre et faible de la Transamérique périurbaine ayant tout abandonné pour un rendez-vous avec la liberté dans les derniers retranchements de l'Histoire en jachère... demeure le véritable héros de ce continent. Auquel l'assassinat confère la goutte de sang autochtone et la parole de sang noir qui confèrent la note complémentaire au concerto baroque du nouveau-monde.


Et que réémerge l'Amérique première au-delà de tous les Mondes Nouveaux entre Iémanja, Tékakouita, Anacaona, Iracèma, la Malinchée, Sacajawéa28... et toutes celles qui l'ont projetée en existence


Jean Morisset    (9 novembre 2007)



NOTES

1.Voir « La Longue piste de la Saskatchéouanne » par Jean Morisset (présentation d'Ismène Toussaint sous le titre « Jean Morisset, l'Homme aux racines de vent »), La Nation autochtone du Québec, 13 mars 2006, http://www.autochtones.ca (rubrique Organisation-Autochtones-Métis-Documents de référence) ; « Poème de Jean Morisset » dans le reportage d'Ismène Toussaint et de Raymond Cyr : « Le rêve de Louis Riel se réalise - Reconnaissance officielle des Métis de l'Est par les Métis de l'Ouest - 11 octobre 2005 : « La révolution métisse est en marche ! » déclare Ismène Toussaint lors du lancement de son livre, Louis Riel : Journaux de guerre et de prison », La Nation autochtone du Québec, 19 octobre 2005, http: //www.autochtones.ca (rubrique Organisation-Autochtones-Métis-Articles).

2. Louis Riel (1844-1885). Chef métis canadien-français et écrivain. Né à Saint-Boniface (colonie de la rivière Rouge), il effectua ses études au collège des sulpiciens de Montréal puis, après un bref passage dans un bureau d'avocat, prit en 1869 la tête du mouvement de résistance des Métis de la rivière Rouge contre le gouvernement canadien-anglais qui tentait de s'accaparer leurs terres. Devenu président du gouvernement provisoire en février 1870, il négocia le 15 juillet suivant l'entrée de son pays dans la Confédération, sous le nom de « Manitoba » (en langue crie « le lieu où souffle l'Esprit »), et réclama une amnistie pour ses compatriotes. Mais l'expédition punitive qui fut lancée par les autorités d'Ottawa contre sa province le contraignit à s'exiler aux États-Unis le 24 août 1870. En 1875, quoique ayant été élu député du comté de Provencher (Saint-Boniface), il fut banni du Dominion en raison de l'exécution du voyou orangiste Thomas Scott qui avait été perpétrée par son gouvernement cinq ans plus tôt. Durant les huit années qui suivirent, il mena une vie errante et souvent misérable aux États-Unis puis s'établit comme instituteur dans le Montana. En 1884, les Métis qui avaient immigré en Saskatchewan à la suite du vol de leurs terres au Manitoba, firent appel à lui pour rédiger une liste de leurs droits. Toutefois, une fois parvenu en Saskatchewan, Riel ne put contrôler leur révolte, qui éclata le 18 mars 1885. Le jour suivant, il fonda l'Exovidat, un gouvernement provisoire fondé sur des bases religieuses très personnelles qui était destiné à rapprocher les catholiques et les protestants, et dans lequel il ne jouait que le rôle d'un inspirateur ou « exovide » (du latin exovidus, celui qui est en dehors du troupeau). Cependant, cette autorité politico-spirituelle devint vite impopulaire tant auprès des autorités et de l'Église locales que des Métis eux-mêmes. Le 12 mai 1885, l'opposition du chef métis à la guérilla de Gabriel Dumont, jointe au manque de munitions des combattants, entraîna la sanglante défaite de Batoche. Condamné pour haute trahison au terme d'un simulacre de procès, Riel fut pendu à Régina (Saskatchewan) le 16 novembre 1885. Il repose aujourd'hui dans le cimetière de Saint-Boniface et demeure l'un des symboles de la déchirure entre le Québec et le Canada, les francophones et les anglophones, l'Est et l'Ouest, les autochtones et les Blancs. Il est également l'auteur d'une œuvre considérable, quoique inachevée, qui a été réunie en 5 volumes : Les Écrits complets de Louis Riel, Edmonton, Les Presses de l'Université l'Alberta, 1985 (dir. George Stanley). De nombreux livres lui ont été consacrés, dont Louis Riel, le Bison de cristal, d'Ismène Toussaint, Éditions Stanké, Montréal, 2000 ; Louis Riel, Journaux de guerre et de prison, présentation, notes et chronologie métisse 1604-2006 d'Ismène Toussaint, Montréal, Éditions Stanké, 2005. Voir également de la même auteure : « Louis Riel, écrivain », L'Encyclopédie du Canada 2000, Montréal, Éditions Stanké, 2000. En 2005, l'œuvre politique de Louis Riel a donné naissance à un mouvement d'Union entre les Métis de l'Est et les Métis de l'Ouest du Canada.

3. Ces ouvrages ont respectivement paru aux Éditions Nouvelle Optique, Montréal, 1977 ; Études et recherches, Montréal, UQÀM, 1983 ; Ottawa, The Canadian Journal of Native Studies, vol. 2, nº 1, 1983 ; Vancouver, National Pulp Press, 1984 ; Éditions Nouvelle Optique, Montréal, 1985 ; Éditions du Cidihca, Montréal, 1995 ; Éditions des Trois Pistoles, Québec, 1997 ; Éditions de L'Hexagone, Montréal, 2001 (en collaboration avec Eric Wadell) ; Éditions Québec/Amérique, Montréal, 2002 (en collaboration avec Dean Louder et Eric Wadell) ; Éditions Actes Sud, Arles (France), 2003 ; Éditions Lux, Montréal, date non fixée.

4. Voir, entre autres, Pierre Kalfon : Che : Ernesto Guevara, une légende du siècle, Paris, Éditions Points-Seuil, 2007 (réédition de 1997) ; Loïc Abrassart : Che Guevara, Itinéraires d'un révolutionnaire, Toulouse, Éditions Milan, coll. « Les Essentiels Milan », 2007. Ces ouvrages sont disponibles au Canada.

5. Voir Voyage à motocyclette : Latinoamericana, Paris, Éditions Mille et une Nuits, 2001 ; Otra Vez : second voyage à travers l'Amérique latine (1953-1956), Paris, Éditions Fayard, 2002 ; Journal de Bolivie, Paris, Éditions La Découverte, 1997 (rééditions).

6. Née en Bretagne, Ismène Toussaint a vécu au Manitoba puis au Québec. Outre de nombreux articles de presse et électroniques, de conférences et d'émissions, elle est l'auteure d'ouvrages lui ayant valu le succès et plusieurs prix littéraires : Les Chemins secrets de Gabrielle Roy (1999), Louis Riel, le Bison de cristal (2000), La littérature d'expression française dans l'Ouest canadien (2000), Portraits d'auteurs québécois, canadiens-français et métis de l'Ouest (L'Encyclopédie du Canada 2000), Les Réfugiés (traduction et adaptation de Conan Doyle, 2003), Les Chemins retrouvés de Gabrielle Roy (2004), Louis Riel : Journaux de guerre et de prison, suivi de Chronologie métisse 1604-2006 (2005), Gabrielle Roy et le nationalisme québécois (2006). Également défenseure de la cause métisse dans l'esprit de Louis Riel, elle a contribué, par son action militante et ses écrits, à unir en 2005 les Métis de l'Est et de l'Ouest qui étaient séparés par des siècles d'Histoire et d'injustices (note d'Éric Cartier, communicateur, Montréal).

7. Il s'agit de Carnets de voyage (2004) de Walter Sales, un film et documentaire social particulièrement émouvant qui retrace le parcours initiatique du futur Che en 1952. Gael Garcia Bernal y incarne le jeune Ernesto Guevara.

8. Il s'agit du célèbre Discours d'Alger, qui fut prononcé le 24 février 1965, et dans lequel le Che critiqua violemment l'URSS.

9. Ce film de Milos Forman (1979) est une adaptation de la comédie musicale de Gerome Ragni, James Rado et Galt MacDermot, qui avait remporté un triomphe à Broadway à la fin des années 1960. Il met en scène la rencontre originale d'un jeune fermier de l'Oklahoma, Charles Bukowski (John Savage), en partance pour le Viet Nam, avec un groupe de hippies new yorkais qui va bouleverser sa vie.

10. La construction du pipeline Alyeska, qui traverse l'Alaska de Prudhoe Bay à Valdez (Puorto Valdez) sur une distance de 1 300 km, suscita un débat environnemental et politique national et déclencha tout le processus des revendications autochtones au Canada. La Convention de la Baie-James, qui fut signée en 1975 entre le gouvernement canadien et les Premières Nations quatre ans après l'annonce de l'édification de barrages hydro-électriques dans le Nord du Québec, n'aurait pas existé sans le précédent de l'Alaska.

11. Le 9 novembre 1969, un groupe de 80 Indiens prit possession de l'île d'Alcatraz, dans la baie de San Francisco, et fut bientôt rejoint par 500 représentants de 50 tribus différentes. Ils rédigèrent une déclaration intitulée « Nous tenons le Rocher », dans laquelle ils proposaient d'acheter Alcatraz avec des perles de verre et des chiffons de toile, comme les Blancs l'avaient fait trois-cents ans auparavant avec l'île de Manhattan, pour y implanter un Centre d'études indiennes en écologie. Mais en dépit du soutien dont ils bénéficiaient dans le monde intellectuel et artistique, ils furent expulsés par les forces fédérales un an plus tard.

12. Léonard Pelletier (ou Leonard Peltier ; 1944-). Défenseur des droits des Indiens et prisonnier politique métis américain. Né à Grand Forks (Dakota du Nord), ce membre des Nations Sioux-Lakota et Chippewa de Turtle Mountain (Montagne-à-la-Tortue) est d'ascendance métisse canadienne-française. Le 26 juin 1975, tandis qu'il commémorait le massacre de Wounded Knee de 1890 dans la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud), de faux Indiens à la solde du FBI infiltrèrent l'American Indian Movement (AIM, Mouvement des Indiens américains) dont il était l'un des leaders, et deux agents fédéraux furent retrouvés assassinés. Inculpé de ces meurtres, Léonard Pelletier fut jugé en 1977 à Fargo (Dakota du Nord), condamné à deux peines de prison à perpétuité malgré une absence flagrante de preuves, et incarcéré au pénitencier de Leavenworth (Kansas). Transféré en 2005 au centre de détention de Lewisburg (Pennsylvanie), il ne cesse depuis plus de trente ans de clamer son innocence, son seul crime étant selon lui d'être un « autochtone » (voir Léonard Peltier : Écrits de prison. Le combat d'un Indien, Paris, Éditions Albin-Michel, collection « Terre indienne », 2000). Toutefois, il n'a toujours pas obtenu de procès en révision. Considéré par de nombreuses personnalités et organisations internationales comme la victime d'une machination politico-policière, il est également un symbole de lutte et de résistance pour les Amérindiens, qui voient en lui l'incarnation de l'esprit de Crazy Horse. Son histoire a inspiré, entre autres créations, le film Cœur de Tonnerre (Thunderheart, 1992) du réalisateur Michael Apted, avec Graham Greene, Val Kilmer et Sam Shepard.

13. Adapté du roman de Joseph Conrad, Au Cœur des ténèbres, ce film de Francis Ford Coppola (1979) raconte le périple au Viet Nam du capitaine Willard (Martin Sheen), à qui les services secrets ont confié la mission de retrouver et d'abattre le colonel Kurtz (Marlon Brando) en raison de son comportement sanguinaire. Bien au-delà de la guerre, ce chef d'œuvre nous entraîne dans les tréfonds de la folie humaine.

14. Wasp ou White Anglo-Saxon Protestant signifie « Anglo-Saxons blancs et protestants » : cette expression péjorative désigne l'establishment d'origine britannique.

15. Expression péjorative désignant les « paysans », les « habitants ». Son équivalent est « ploucs », « péquenauds ».

16. Littéralement « Nous croyons en Dieu ».

17. Malcolm X (Malcolm Little, dit ; 1925-1965). Prêcheur métis afro-américain, leader extrémiste musulman et défenseur des droits des Noirs. Né à Omaha (Nebraska), il était le fils d'un charpentier et prêcheur baptiste qui s'opposait à l'intégration des Noirs à la société américaine. Ayant quitté très tôt l'école, il tomba dans la délinquance et passa six années en prison (1946-1952), qu'il mit à profit pour étudier. Á sa sortie, il rejoignit Nation of Islam (La Nation de l'Islam) et en devint l'un des principaux porte-parole (1954-1964) sous le nom de Malcolm X, développant des théories racistes anti-blanc aussi saugrenues que dangereuses. En 1964, il se sépara de cette organisation pour se convertir au sunnisme sous un nouveau nom, El Hajj Malik El-Shabazz, et fonda The Muslim Mosque Inc. (La Mosquée musulmane incorporée). Parallèlement, ayant rejoint le Mouvement des Droits civiques des Noirs, il créa l'Organisation pour l'Unité afro-américaine (Organization of Afro-American Unity, OAAU), un groupe politique non-religieux qui prônait la nécessité de l'auto-organisation de la communauté noire et de la création d'entreprises indépendantes des Blancs. Ce combat lui acquit une audience internationale. Mais le 21 février 1965, alors qu'il s'apprêtait à prononcer un discours à New York, dans le cadre de la Semaine de la Fraternité (National Brotherwood Week), il tomba sous les balles des membres de Nation of Islam. Certains groupes intégristes le considèrent encore aujourd'hui comme un martyr de l'Islam et un grand avocat de l'égalité.

18. « De ta chère présence, Commandant Che Guevara ».

19. Jean Morisset emploie cette expression au sens anglais de « tout le bazar », « tout l'attirail ». En ancien canadien, on aurait dit « toute la chibaye » ou « toute la chibagne ».

20. Frida Kahlo (1907-1954). Peintre et militante communiste métisse mexicaine. Née dans la « Maison Bleue » (actuel musée Frida-Kahlo) à Coyoacàn, au sud du Mexique, elle fut victime à l'âge de quinze ans d'un terrible accident d'autobus qui la contraignit à demeurer couchée une grande partie de sa vie. Elle commença alors à peindre les 150 autoportraits qu'elle devait léguer à la postérité : Frida Kahlo et Diego Riviera, La Colonne brisée, Henry Ford Hospital, Le Lit volant, Autoportrait dédié à Léon Trotsky, Autoportrait à la frontière du Mexique et des États-Unis, Quelques petites piqûres, Les deux Frida, Autoportrait au singe, pour n'en citer que quelques-uns. En 1928, elle rencontra le peintre muraliste Diego Riviera (1886-1957) et l'épousa l'année suivante mais leur union, tumultueuse, aboutit à un divorce dix ans plus tard. En 1930, le couple emménagea à San Francisco puis revint au pays au bout de trois ans. Inscrite au Parti communiste du Mexique (PCM) depuis 1928, Frida Kahlo entama une liaison de deux années (1937-1939) avec Trotski durant l'exil de ce dernier. En 1938, elle connut un début de consécration en exposant à New York - où elle vécut une nouvelle histoire d'amour avec le photographe Nickolas Muray (1892-1965) - puis à Paris l'année suivante. Ses cendres reposent aujourd'hui dans une urne ayant la forme de son visage, qui est conservée dans sa maison natale. Se rattachant à la fois au réalisme, au symbolisme et au surréalisme, l'art de Frida Kahlo se distingue par sa vigueur d'expression, une sensibilité à la fois forte et douce, une grande précision dans les formes, des couleurs riches, sensuelles, et la représentation quasi obsessionnelle des quatreéléments de la nature. Plusieurs biographies lui ont été consacrées, dont Frida Kahlo par Rauma Jamis (Éditions du Chêne, Paris, 1995, et le Livre de poche) ainsi qu'un film très original et très « pictural » : Frida (2002), de Julie Taymor, avec Salma Hayek (Frida Kahlo) et Alfred Molina (Diego Riviera).

21. Mulatta signifie « mulâtresse » en portugais, au sens de « femme sensuelle dont la beauté demeure toujours un mystère pour les Blancs coloniaux » (Jean Morisset). Callypige signifie « aux fesses exagérément développées ».

22. Le Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA), dont le nom est emprunté à un leader métis Inca Quechua qui s'était soulevé contre les colons espagnols à la fin du XVIIIe siècle, est un mouvement marxiste-léniniste né à Lima (Pérou) en 1984. Formé d'un millier de jeunes révolutionnaires, les MRtistes, il était dirigé par Victor Polay Campos (le Commandant Rolando), qui fut arrêté en 1989, sous le gouvernement de Fernando Belaúnde Terry. Le 17 décembre 1996, un groupe mené par un nouveau chef, Nestor Cerpa Cartolini, prit 500 personnes en otage à l'ambassade du Japon de Lima. Il les séquestra durant près de trois mois, exigeant la liberté de 400 camarades révolutionnaires et le changement de la politique néolibérale du président Alberto Fujimori. En dépit de leur reddition lors de l'assaut final, tous les preneurs d'otages furent exécutés le 22 avril 1997.

23. Il s'agit des « barbus de la Sierra Maestra », c'est-à-dire des guérilleros qui, en 1957, suivirent Fidel Castro dans les montagnes situées derrière Santiago de Cuba afin de préparer une offensive contre la dictature du général Batista (1901-1973). Castro prit le pouvoir deux ans plus tard et remplaça cette dictature par une autre, provoquant le départ définitif de Che Guevara en 1965.

24. Jean Morisset renverse ici le symbole : la Statue de la Liberté, tout comme le Christ Rédempteur de Rio, édifié sur le morne mont Corcovado, tournent le dos au continent autochtone et métis.

25. Voir, par exemple, l'ouvrage de Jacobo Machover, La Face cachée du Che (Éditions Buchet-Chastel, Paris, 2007), qui vise à détruire le mythe du militant idéaliste.

26. Mot brésilien signifiant « les forêts, le plein bois ».

27. « Entre la plaine et la roche, les broussailles et le bush ». Campo et roca sont des mots espagnols.

28. Iémanja, Tékakouita, Anacaona, Iracèma, la Malinchée et Sacajawéa sont des héroines mystiques, mythiques ou inspiratrices des Amériques. Jean Morisset laisse les lecteurs de son texte parer ces déesses du visage et des attributs de leurs rêves.


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Léonard Peltier est encore en prison


Leonard Peltier est un militant amérindien Anishinaabe Lakota, né lé 12 septembre 1944, incarcéré depuis 1976 et condamné à deux peines à perpétuité. Il est membre de l'American Indian Movement.


L'organisation Amnesty international le considère comme un prisonnier politique, qui "devrait être libéré immédiatement et sans condition."


Le 25 juin 1975, Jack R. Coler et Ronald A. Williams, des agents spéciaux du FBI recherchant pour interrogatoire un jeune homme suite à l'attaque de deux ranchs sont tués dans une fusillade dans la réserve indienne de Pine Ridge dans le Dakoto du Sud.


On retrouve les empreintes de Leonard Peltier sur les affaires des agents tués et le 22 décembre 1975, il devient la 335e personne à être inscrit sur la liste des dix fugitifs les plus recherchés du FBI.


La GRC l'arrête à Hinton dans l'Alberta le 6 février 1976.


Leonard Peltier a été inculpé de l'assassinat de ces deux agents du FBI puis condamné à deux peines consécutives de prison à perpétuité le 2 juin 1977 à Fargo, Dakota Nord. Il est incarcéré au pénitencier fédéral de Lewisburg, Pennsylvanie. Il n'a pas bénéficié de la révision de son procès.


Toutefois, ses partisans disent que :
• son arrestation et son extradition du Canada aurait été obtenues sur la présentation de dépositions, obtenues par le FBI, de Myrtle Poor Bear, une jeune femme indienne dont le témoignage sera écarté par le juge sur la base d'instabilité mentale au moment du procès de Peltier ;
• ses avocats se sont vu imposer des restrictions dans leur argumentation et n'ont pas été autorisés à présenter des témoins lors de son procès.


Les avocats de Peltier ont déposé une nouvelle plainte dans le cadre de la Loi sur las Liberté de l'Information, pour obtenir la déclassification de plus de 170 000 pages sur cette affaire, qui sont toujours classées par le FBI et la CIA pour des raisons de « sécurité nationale ». Le but de cette action étant d'obtenir de nouvelles preuves, ce qui permettrait de ramener le cas Peltier devant différentes cours de justice. Le FBI a remis en juillet 2002 plus de 30 000 pages à la défense permettant à l'équipe légale de Peltier de travailler sur un appel devant une cour fédérale.


Mais jusqu'à présent, le FBI retient toujours plus de 140 000 pages.
La dernière action en justice à été déposée, en avril 2002, dans le cadre du droit civil américain. Leonard Peltier et ses avocats ont décidé d'attaquer le FBI pour son rôle dans cette affaire depuis 1975.


Depuis près de 30 ans, plusieurs personnalités à travers le monde (Nelson Mandela, Mgr Desmond Tutu, , les groupes Rage Against The Machine, et Tagada Jones, le chanteur Renaud...), ainsi que des millions d'anonymes, réclament la libération de Leonard Peltier. Lors de sa réélection, Bill Clinton avait assuré qu'il " n'oublierait pas Leonard Peltier" sans avoir donné à Leonard Peltier la clémence présidentielle.


Leonard Peltier est, pour nombre d'Amérindiens, un symbole de la lutte et de la résistance autochtone.


Leonard Peltier est incarcéré depuis 1976.


Durant la première quinzaine de janvier 2009, le site américain Change.org qui promeut l'élaboration d'une liste de mesures d'urgence à soumettre au Président élu Obama classe en 12ème position sa libération immédiate.


Le jeudi 8 janvier 2008, Léonard Peltier est informé de son transfert du pénitencier de Leavenworth au Kansas pour la prison de Lewisburg située en Pennsylvanieet ce dès lundi 12 janvier 2009. Dans la même missive, il lui est accordé le droit de solliciter une libération conditionnelle en février 2009. Peu de jours après son arrivée au Canaan Federal Penitentiary, Leonard Peltier a été pris à partie par des prisonniers et est sévèrement blessé. Ne voulant pas dénoncer ses agresseurs, il n'est pas considéré comme victime par le système pénitentiaire, et est donc placé en confinement avec un seul repas par jour. Ses jours seraient en danger selon son site officiel, qui rappelle que Leonard Peltier est diabétique, et qu'un tel traitement met en jeu sa santé.


" Mon crime est d'être indien. Quel est le votre? "

                                                                           Léonard Peltier


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À quand le premier président autochtone des USA ?

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La maison longue pouvait atteindre de 36 à 60 mètres de longueur. Dix à douze familles vivaient ensemble sous ce toit.
C'est en cercle, autour du feu principal, au centre de la maison, que les Anciens de chaque famille se réunissaient pour parler et s'entendre unanimement sur des points de discussion.


Comme j'aimerais me revoir
dans ma maison longue
à vos côtés
autour de ce feu
pour discuter d'une même force
de ce qui pourrait ramener la sagesse


Comme j'aimerais quitter enfin
cette pièce à micros
aux côtés de celui qui traduit pour moi
la ruse des mots que tu emploies
pour m'amener insolemment à croire
qu'il faut tout faire sans égard


*
Tu te satisfais de l'eau filtrée à l'usine
Je m'inquiète en pensant
que nous en sommes là


*
Au soleil levant de deux mille cinq

Des guerriers parient leur coiffe
attachés à des pattes de tavernes
pendant que des enfants aspirent au gaz
nourris des vapeurs de colle


*
Une de nos vieilles prophéties
dit craindre ce jour
où à la rivière même
nous ne pourrons plus boire


*
Je sais qu'aujourd'hui mon enfant
tu connaîtras le tumulte de la grande ville

Je m'inquiète de savoir si un jour
tu apprendras aussi les leçons de la nature


*
L'ombre sauvage en note de fond
je retourne à la ville
pour mourir un peu


Jean Sioui 


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