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paroles indiennes

Paroles indiennes

Publié le par la freniere



Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'active, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : «Colibri, tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ?» «Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part.»

Légende amérindienne citée par Pierre Rabhi


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Publié le par la freniere


Mon île


J'aime la regarder par la fenêtre
Quand je suis seule
Sans bruit
Je crains toujours qu'ils puissent me surprendre du dehors Quand ils retournent à leur maison
Et qu'ils découvrent que je brûle pour elle
Ce sont des craintes inutiles, je ne veux pas, mais qu'y faire ?
Elles me dominent à jeun
C'est la vérité


Comme vous sans doute à cet instant
En train de me lire et de sourire sans lever les yeux vers la mer
Vous n'aimez pas les exilés. Non
Ils n'ont pas de patrie et traînent des maladies
J'entends vos murmures croisés, votre compassion provisoire

Mais vous la verrez forcement à un moment ou à un autre
Elle n'est pas pour moi seule, mais pour tous ceux qui attendent comme moi aux périphéries d'autres villes

Si je l'étouffe
Elle renaîtra au milieu des vagues
Et je regretterai longtemps mon geste
Mais je n'en ai pas l'intention tant qu'elle ne m'a pas renié
Je n'ai lieu qu'en elle, je l'avoue

Chaque matin, me lever tôt et être la première à la regarder
A six heures et demie, à la fin de l'été il n'y a personne
La rue est humide de l'odeur de la nuit
Tournée vers elle, que mes yeux puissent la toucher
Je prie que la mer reste calme dans l'archipel
J'attends à l'orée du doute
Puis elle se détache et flotte sur l'eau comme une tache.

Parfois à un orage passager
Elle se plie comme une ombre sous les rafales du vent presque noyé
Saisie de panique je me dis que je devrais la chercher
J'implore plus d'une fois le vent de ne pas trop appuyer son souffle sur les vagues, tendant le cou pour essayer de l'apercevoir entièrement

Et j'ai mal
Plus je m'approche plus je la vois entr'ouverte, offerte par la mer

Je me se réjouis de l'apercevoir de ma fenêtre, de me jeter dans sa nudité
Comme une prairie claire posée sur l'eau
Elle est superbe à cette distance
Elle vient parfois jusqu'à moi, comme un insecte
Et quand la mer infinie l'avale en chantant, elle s'esquive.
Je hurle : reviens ! Puis je descends le store, ferme les yeux
Et refoule un long soupir

Je me dis: « Malheur au père qui a exilé tout un peuple !
Malheur à l'Amérique, cause de ma perte ! »

Et le passé, par bribes floues se réveille
Tel un serpent qui sort de la paille

Il ramène les choses sans les avoir cherchées
A cet instant
La mer pose sa main sur mon épaule
Elle me prépare
Que je sois prête
Lorsqu'elle va réapparaître sur ma rétine

Je ne sais pas si je suis en train de perdre mon temps ou d'y vivre de quelque façon
Je n'ai pas la réponse

Mais je dois me raisonner, ne pas me laisser aller
Est-ce une hallucination qui me nargue depuis l'enfance
Son appel persistant surplombe la mer et vient en moi
A cette force mystérieuse qui nous entraîne l'un vers l'autre
Je n'ai pas la réponse
Je dois vendre la maison pour acheter un bateau et embarquer vers l'île


Mon île


Sandy Bel         poète amérindienne


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Déclaration poétique du 5 avril 2008 à Bruxelles de reconnaissance des génocides amérindiens

Déclaration écrite et dite en place de nos amis américains de tout le continent, du Grand Nord au Grand Sud, qui pour de multiples raisons ne peuvent encore prendre la parole comme nous le faisons aujourd'hui. Car le Tabou que représente pour eux toutes et tous, citoyennes et citoyens des Amériques, la question dite autochtone, des premières nations, des natives ou des amérindiens est encore comme feu qui brûle en plein hiver, cœur froid qui ne peut voir ou ressentir encore, car il faut avancer, il faut brûler, conquérir tous les territoires sans trop de questions se poser, et oui, sans se poser, courir loin loin et vite vite toujours et encore plus loin et plus vite... vers l'ouest, à l'opposé d'où surgit le soleil...

Nous,
belges, français, anglais, espagnols, portugais, italiens... et donc Européens.
Nous, arrière, arrière, arrière petits-enfants de Tous ceux qui d'ici ont vu partir ou dû partir ou décidé de quitter ce vieux continent pour conquérir un Nouveau Continent pourtant aussi ancien que le nôtre.

Nous,
reconnaissons qu'au nom de l'asile, de la conquête, de l'avidité, de la possession, de l'espoir et parfois même au nom de nos dieux,
Nous,
avons perpétré l'Innommable et qu'ici en ces lignes
Nous,
Déclarons comme Inacceptable, comme un regret trop tard arrivé : systématiquement nous, là-bas, encore européens puis américains, canadiens, mexicains, brésiliens, colombiens, argentins et autres centre et sud-américains, avons arraché à d'autres hommes leurs terres et leurs rêves, les terres et les rêves de leurs aïeux, leurs richesses, leur mémoire...
Nous,
les avons d'abord considérés comme sans terre, puis « sans âme » (comme nos femmes jadis), puis avons pillé, épuisé, territoire et humains, et sommes rentrés en Guerre contre des frères, les avons tués, massivement et ensuite expulsés...
Nous,
les avons acculés à l'occupation de maigres zones-territoires où nous nous efforçons de les maintenir aujourd'hui encore. Si nous les en sortons, c'est pour leur demander de renoncer à eux-mêmes, à oublier qui ils sont, d'où ils viennent et où les portent leurs rêves, pour qu'ils ne se rendent ailleurs que dans l'Invisible : les acculturer, changer leurs noms, les baptiser de nos religions, les violer dans ce qu'ils ont de plus intime, au plus profond d'eux-mêmes, au plus profond de nous.
Les Réserves n'hébergent les Casinos, zones hors taxes, que pour mieux les soûler - ivresse de l'Or qui a perdu toute vraie valeur de l'Esprit !
Ces Camps de la Mort Lente nous appellent à dénommer cette série d'actes qui dure depuis plus de 500 ans par son nom : l'un des Génocides les plus longs, durables et massifs de l'histoire connue de l'Humanité, celui des populations dites Indiennes des Amériques !

Nous,
petits-petits, minuscules enfants de ces hommes et de ces femmes qui pourtant rêvaient d'avenirs meilleurs, de mondes nouveaux, d'utopies... et qui ont commis ces actes...
Nous,
demandons PARDON.
À travers toi, Charles Coocoo, nous demandons humblement et insuffisamment PARDON.
Nous,
te confions, Charles, à toi, maître de cérémonies, Matotoson Iriniu, à toi et à tes ancêtres, cette Déclaration, signée par toutes les personnes de bonne volonté réunies ici ce soir, dont la liste est reprise ci-après... toutes personnes réunies autour de la Poésie, de la Musique, de l'Art et de la recherche de sens...

Cette Déclaration est un acte de Reconnaissance et de Repentance. Sa limite est le retard avec lequel elle est venue. Ses horizons sont sa sincérité et les gens qui la portent.
Cette Déclaration est aussi une Affirmation : l'être humain peut s'épanouir, continuer à découvrir et élargir ses territoires sans piller, tuer, massacrer, annihiler.
Cette Déclaration se veut enfin une Promesse : dorénavant, ensemble, construisons des formes nouvelles de coexistence des âmes, des pensées, des cœurs, des actions et des aspirations...
La Parole est pour nous tous la possibilité d'un pouvoir de Transformation de nos limites en réalisations de la Vie et donc du Sublime.
Un poète de chez nous, français, disait que s'il existait une montagne qui reliait la Terre au Ciel, cette Montagne était invisible à notre Vision ordinaire mais que pourtant, la Base de cet Invisible devait bien se trouver quelque part, et être Visible ! forcément...

À toi, poète, chamane, humain,
Nous,
confions cette Déclaration.
Elle voyagera après ce soir, rejoindra d'autres Ambassades que celle que symboliquement nous constituons ce soir.
Que de cette petite base visible, ton peuple et tous les peuples frères qui de tout temps, depuis l'expansion de l'homo sapiens, ont vécu de telles abominations, depuis l'invisible, fassent nourriture bien réelle pour les Fêtes, Danses et Créations que nous sommes appelés à vivre ensemble !

Fait à Bruxelles, le 5 avril 2008
A l'Espace Senghor, lors du Maelström FiEstival #2

 


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Grandir...

quand je serai grande
je vous le dirai
avec des majuscules

j'ajouterai les autres mots
pour vous faire des phrases
très longues dans la marge

je vous conterai mes espaces
cette place aux images
j'y construirai des cadres

l'imaginaire je vais l'attacher
aux feuilles bien remplies
vous pourrez jettez l'ancre

je vous soufflerai de grands textes
vous fermerez enfin vos yeux
mes ailes auront une cage

quand je serai grande

mais la montagne est encore plus haute
et mes mots
plus seuls que jamais

avoir su
je ne serai pas née
aussi petite

une si grande étincelle
pour un si petit ciel


Journal d'une peau-rouge (extrait)

Vous êtes espagnole n'est-ce pas ?

Je suis au Saguenay, dans une épicerie entrain de payer à la caisse. Le proprio tout sourire emballe mes trucs

Vous êtes proche! C'est presque pareil! Lui dis-je sensuellement.

Là le monsieur est vraiment content! Et hop la salade dans le sac! J'ai presque eu une invitation à parler latino devant un expresso! Alors vite je me pousse!

Le Saguenay est au cœur de l'habitat des autochtones, autour il y a les réserves. Parfois je me sens comme une immigrante qui ne comprend pas trop pourquoi elle est venue dans ce pays de merde! Oups! De neige!
Et oui, parfois j'aimerais être cette mystérieuse espagnole.

Je lui dis? Non. Mais je dois lui dire! C'est ridicule! Non?

Toute en émoi, la nouvelle intervenante, toute jeune et jolie, me transmet son admiration et son plaisir à déguster les repas que je fais.

Quelle joie de savourer la cuisine orientale! Je n'ai jamais mangé cela! J'adore goûter les mets de différents pays! Ca goûte le soleil du Mexique !

Ca existe le Mexique oriental ?
Je la laisse aller de même pendant deux semaines! Et là, je ris en vous disant cela... De plus, elle me trouvais jolie et géniale, alors pourquoi l'arrêter? Tous les jours cette jeune femme me trouvait merveilleuse! Jusqu'à une certaine pause, après un délicieux pâté chinois, alors que la discussion tourne autour de la chance que j'ai de pouvoir manger gratuitement à mon travail et même, de ramener parfois les restes pour ma famille. Les joies du communautaire!

C'est vrai que dans ton pays vous ne devez pas manger à tous les jours surtout que la nourriture est rare, tu dois être vraiment heureuse de vivre au Canada!

Ayoye!
J'ai un grain de maïs coincé là, entre les dents!

Je la regarde avec pitié et surtout je me sens coupable.
Coupable d'avoir pu être admirée. Pour mon courage, ma force, pour moi! Moi.

Tu sais, je suis Ilnu Non! Pas du Pérou! Ilnu, autochtone!

Hein?

Ohh non, je ne vis pas dans une réserve. Pourquoi! ? Parce que mon grand-père a été dans un pensionnat et Le gouvernement tu dis ? Non, je ne suis pas subventionnée!

Le café est froid dans ma bouche.

Elle s'en va. Très loin. Et elle ne reviendra plus jamais me parler du soleil.

loin de ma terre
au sommet du ciel
quand on frappe la neige
sur mes ailes
un tout petit vent
aura beau dire
toutes les écorces
il restera
son cri et ma plume
dans les feuilles
rouges


Maikam (Louve) Mathieu           montagnaise



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LES LAKOTAS SE DÉSOLIDARISENT DES ÉTATS-UNIS

Le mois dernier, un évènement assez original s'est produit aux Etats-Unis, évènement qui, au final, n'a suscité que peu de commentaires et qui pourtant permet de mieux comprendre la philosophie des Amérindiens. Cet évènement, c'est la rupture des traités signés entre les indiens Lakotas (Sioux) et les Etats-Unis!

Les Lakotas ne se revendiquent plus citoyens des Etats-Unis. "Nous ne sommes plus citoyens des Etats-Unis d'Amérique et tous ceux qui vivent dans les régions des cinq Etats que comprend notre territoire sont libres de nous rejoindre", a déclaré leur représentant Russell Means, lors d'une conférence de presse à Washington.

Cette déclaration ne peut être considérée comme du séparatisme puisque la philosophie originelle indienne ne connait pas l'idée de propriété. La Terre appartient donc à tous, mais les Lakotas refusent d'être assimilés à des Etats-Uniens. Aujourd'hui, ces descendants de Sitting Bull assument leur identité avec fierté sans pour autant déclarer aucunement la guerre à quiconque!

Ce fait illustre parfaitement la différence qui existe entre l'Etat et l'identité! Si nous appartenons tous à l'Etat, il n'est pas insultant de dire que certains de ses habitants de se reconnaissent pas comme tel ou assument une double identité.

On ne pourra pas reprocher à des indiens de vouloir diviser, eux dont la philosophie panthéiste que je partage réside dans cette petite phrase de Spinoza: "Dieu, c'est à dire la Nature". Nous sommes une partie de la Terre et elle fait partie de nous! Voici une philosophie qui intégra la complexité du monde bien avant que nos philosophes en parlent.

Glané sur le blog de Gaël Briand

 

 

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Lancement prochain (25 septembre) du nouveau livre sur les textes
fondateurs du Peuple Métis de la Boréalie


Il est important que les Métis y soient, pour encourager ceux et celles
qui se battent pour retrouver leur dignité et pour faire reconnaître nos
droits collectifs comme l'un des grands peuples fondateurs des trois
Amériques. Les Métis du Québec sont un peuple en marche, et nous
arrivons d'un pas certain à l'heure où nous ne ferons plus qu'un seul et
même Peuple au sein de la grande famille des peuples autochtones d'Amérique.

Le lancement aura lieu, comme prévu, au Salon du Livre de Jonquière, à
l'Hôtel Holliday Inn, jeudi le 25 septembre, de 19 à 21 heures. Cette
rencontre se tiendra plus précisément au kiosque des éditions CORNAC, de
Michel Brûlé.
Le livre sera disponible sur place au coût de 19,95$ et l'auteure y sera
évidemment pour fraterniser.

Russel Bouchard

  SUR LA COUVERTURE : le Métis Louis Vallée, une personnification presque
mythique de notre réalité ethno-culturelle. Pipe au bec, ceinture
fléchée à la taille, pantalons en velours côtelé, pieds nus et
communiant pieusement avec son canot d'écorce. Peut-on chanter mieux
l'hymne à ces ancêtres qui nous ont donné la vie et ont fait pays ?...


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Dans le cadre du Carrefour international des littératures autochtones de la francophonie, une série de soirées « Découvertes littéraires » auront lieux à Wendake du 9 au 12 septembre, dans un chapiteau érigé sur le boulevard Bastien.

C'est avec plaisir que je vous annonce que ces soirées seront diffusées sur Internet par le Conseil en éducation des Premières Nations. Le lendemain de chaque soirée, vers 13h, les entrevues publiques et des lectures publiques de nos auteurs seront disponibles au www.cepn-fnec.com

Mardi le 9 septembre :
Geneviève Mckenzie-Sioui, Yolande Picard, Yves Sioui-Durand, Salem Zenia, Chantal Spitz, Dave Jenniss, Jacinthe Connolly

Mercredi le 10 septembre :
Jean Sioui, Dolorès Contré-Migwans, Jean-Louis Fontaine, Flora Devatine, Michel Noël, André Dudemaine, Ali Khadaoui

Jeudi le 11 septembre :
Joséphine Bacon, Waixen Wayewol, Christine Wawanoloath, Ali Iken, Georges Sioui , Julian Mahikan, Rai Chaze

Vendredi le 12 septembre:
Tomson Highway, Maya Cousineau-Mollen, Rita Mestokosho, Sylvie-Anne Sioui-Trudel, Nadia Chafik , Luc Camoui, Jean-Marc-Pambrun

Merci au CEPN pour cette généreuse contribution à notre événement. Le CILAF est organisé par le Secteur Culture et Patrimoine du Conseil de la Nation huronne-wendat, en collaboration avec le CIÉRA de l'Université Laval et Tourisme Wendake.

 

 

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Déclaration poétique du 5 avril 2008 à Bruxelles

de reconnaissance des génocides amérindiens


Déclaration écrite et dite en place de nos amis américains de tout le continent, du Grand Nord au Grand Sud, qui pour de multiples raisons ne peuvent encore prendre la parole comme nous le faisons aujourd'hui. Car le Tabou que représente pour eux toutes et tous, citoyennes et citoyens des Amériques, la question dite autochtone, des premières nations, des natives ou des amérindiens est encore comme feu qui brûle en plein hiver, cœur froid qui ne peut voir ou ressentir encore, car il faut avancer, il faut brûler, conquérir tous les territoires sans trop de questions se poser, et oui, sans se poser, courir loin loin et vite vite toujours et encore plus loin et plus vite... vers l'ouest, à l'opposé d'où surgit le soleil...

Nous,
belges, français, anglais, espagnols, portugais, italiens... et donc Européens.
Nous, arrière, arrière, arrière petits-enfants de Tous ceux qui d'ici ont vu partir ou dû partir ou décidé de quitter ce vieux continent pour conquérir un Nouveau Continent pourtant aussi ancien que le nôtre.

Nous,
reconnaissons qu'au nom de l'asile, de la conquête, de l'avidité, de la possession, de l'espoir et parfois même au nom de nos dieux,
Nous,
avons perpétré l'Innommable et qu'ici en ces lignes
Nous,
Déclarons comme Inacceptable, comme un regret trop tard arrivé : systématiquement nous, là-bas, encore européens puis américains, canadiens, mexicains, brésiliens, colombiens, argentins et autres centre et sud-américains, avons arraché à d'autres hommes leurs terres et leurs rêves, les terres et les rêves de leurs aïeux, leurs richesses, leur mémoire...
Nous,
les avons d'abord considérés comme sans terre, puis «sans âme» (comme nos femmes jadis), puis avons pillé, épuisé, territoire et humains, et sommes rentrés en Guerre contre des frères, les avons tués, massivement et ensuite expulsés...
Nous,
les avons acculés à l'occupation de maigres zones-territoires où nous nous efforçons de les maintenir aujourd'hui encore. Si nous les en sortons, c'est pour leur demander de renoncer à eux-mêmes, à oublier qui ils sont, d'où ils viennent et où les portent leurs rêves, pour qu'ils ne se rendent ailleurs que dans l'Invisible : les acculturer, changer leurs noms, les baptiser de nos religions, les violer dans ce qu'ils ont de plus intime, au plus profond d'eux-mêmes, au plus profond de nous.
Les Réserves n'hébergent les Casinos, zones hors taxes, que pour mieux les soûler - ivresse de l'Or qui a perdu toute vraie valeur de l'Esprit !
Ces Camps de la Mort Lente nous appellent à dénommer cette série d'actes qui dure depuis plus de 500 ans par son nom : l'un des Génocides les plus longs, durables et massifs de l'histoire connue de l'Humanité, celui des populations dites Indiennes des Amériques !

Nous,
petits-petits, minuscules enfants de ces hommes et de ces femmes qui pourtant rêvaient d'avenirs meilleurs, de mondes nouveaux, d'utopies... et qui ont commis ces actes...
Nous,
demandons PARDON.
À travers toi, Charles Coocoo, nous demandons humblement et insuffisamment PARDON.
Nous,
te confions, Charles, à toi, maître de cérémonies, Matotoson Iriniu, à toi et à tes ancêtres, cette Déclaration, signée par toutes les personnes de bonne volonté réunies ici ce soir, dont la liste est reprise ci-après... toutes personnes réunies autour de la Poésie, de la Musique, de l'Art et de la recherche de sens...

Cette Déclaration est un acte de Reconnaissance et de Repentance. Sa limite est le retard avec lequel elle est venue. Ses horizons sont sa sincérité et les gens qui la portent.
Cette Déclaration est aussi une Affirmation : l'être humain peut s'épanouir, continuer à découvrir et élargir ses territoires sans piller, tuer, massacrer, annihiler.
Cette Déclaration se veut enfin une Promesse : dorénavant, ensemble, construisons des formes nouvelles de coexistence des âmes, des pensées, des cœurs, des actions et des aspirations...
La Parole est pour nous tous la possibilité d'un pouvoir de Transformation de nos limites en réalisations de la Vie et donc du Sublime.
Un poète de chez nous, français, disait que s'il existait une montagne qui reliait la Terre au Ciel, cette Montagne était invisible à notre Vision ordinaire mais que pourtant, la Base de cet Invisible devait bien se trouver quelque part, et être Visible ! forcément...

À toi, poète, chamane, humain,
Nous,
confions cette Déclaration.
Elle voyagera après ce soir, rejoindra d'autres Ambassades que celle que symboliquement nous constituons ce soir.
Que de cette petite base visible, ton peuple et tous les peuples frères qui de tout temps, depuis l'expansion de l'homo sapiens, ont vécu de telles abominations, depuis l'invisible, fassent nourriture bien réelle pour les Fêtes, Danses et Créations que nous sommes appelés à vivre ensemble !


 

 

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On nous a tout volé,
l'île aux trésors pour une fausse carte,
la peau des bêtes pour des miroirs de toc,
l'eau des rivières et l'écorce des arbres
pour des pylônes et du papier,
le calumet de paix pour une eau qui rend fou,
l'âme de chaque chose pour un Dieu mis en croix.


On nous a tout volé,
notre langue, nos chants et le sens des rêves
pour de fausses promesses et des écrans de fumée,
nos rivières à saumons et nos canots d'écorce,
la course des lièvres pour des lapins à piles,
la terre qui est à tous pour des lopins de malheur,
l'or des foins pour du papier monnaie,
le foin d'odeur pour des relents d'essence.

On nous a tout volé
les cristaux de la neige pour des étoiles de verre,
la lenteur du bois pour la vitesse du fer,
un lit d'herbes et de feuilles pour un lit d'hôpital,
les plantes qui guérissent pour une pompe à morphine,
les couleurs du visage pour du rimmel toxique,
le livre des odeurs pour un missel unique.

On nous a tout volé,
les signaux de fumée pour une carte postale,
la chaleur du feu pour l'électricité,
la clef des songes pour un trousseau de clés,
notre mémoire, nos enfants, nos aïeux.
tout ce qui est vivant.

Les klaxons crèvent le tympan des chevreuils
et les chiens de traîneau en perdent l'odorat.
Dans la nuit noire des hommes blancs
même nos ombres sont des lampes.
Je dis cela sans haine comme on bande son cœur.
Ma main cherche une main qui ne soit pas qu'un gant.
J'écoute les premiers bruits du monde,
l'appel des loups et les bourgeons qui s'ouvrent.
Mon âme prend la forme de tout ce que je vois,
le vol d'un oiseau, la pointe des hautes herbes,
le cercle des tipis ouvert à l'infini.

Je n'attends pas ce qui finit.
J'attends toujours ce qui commence.
Je ne veux pas d'un pont mais t'apprendre à nager.

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Quand le dernier arbre aura été coupé
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée
Quand le dernier poisson aura été attrapé,
Seulement alors, l'Homme se rendra compte que l'argent ne se mange pas...


Prophétie indienne

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