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26 articles avec patrice desbiens

Bobby has left the building

Publié le par la freniere

Bobby has left the building

(dix ans déjà)

1.

Où commencer où finir
je n’ai plus rien à dire
je n’ai plus rien à rire
le délire le déluge coûte trop
cher à mon vieux coeur
de poète.

2.

Je suis à ma table de cuisine qui
n’est pas vraiment une cuisine
je suis là comme un espèce de
robert dickson mais sans le café
sans le silence de sudbury sans
le sourire de robert qui pouvait
illuminer toutes les galleries de
nos vies souterraines.

3.

Je suis à montréal et robert
n’y est pas
n’y est plus
de plus en
plus.

Bobby has left
the building
et le building

s’écroule comme
des bloc alphabètes
dans une garderie
qui brûle.

4.

Je suis à montréal dans la
lenteur d’un lendemain
de lecture au lion d’or où
une femme m’a demandé
d’écrire un mot dans un
livre de robert dickson
c’était votre ami elle dit
vous pourriez écrire un mot
quelque chose de poétique
c’est là que je réalise que
je n’ai plus rien à dire.

5.

Je suis à montréal à ma fausse
table de cuisine en train d’écrire
comme un espèce de dickson desséché

mais sans la sérénité sauvage
de son sourire son smile de
see you later alligator
in a while crocodile.

6.

Je suis à montréal
sous le petit
ciel bleu
par ici

le très petit
ciel bleu
par ici

(dans En temps et lieux 2
L'Oie de Cravan 2008)

 

Patrice Desbiens

Publié dans Patrice Desbiens

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Le petit garçon blond

Publié le par la freniere

Sur la terrasse 
le petit garçon blond 
aux dents blanches 
est un tueur.

Le petit garçon blond 
(son père est un grand 
garçon blond américain) 
sort son fusil à l’eau & 
tire sur tous les passants 
qui meurent 
en priant

leurs mains fermement
serrées sur leurs
portefeuilles.

 

©Patrice Desbiens

Publié dans Patrice Desbiens

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Le quotidien du poète

Publié le par la freniere

Le quotidien du poète

Publié dans Patrice Desbiens

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Casse-tête

Publié le par la freniere

Publié dans Patrice Desbiens

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Patrice Desbiens

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Patrice Desbiens

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Bebitte

Publié le par la freniere

Dans ce

temps-là

 

on avait pas

besoin

d’Internet.

 

On avait des

yeux composés

et

 

des antennes

sur la tête.

 

Patrice Desbiens

Publié dans Patrice Desbiens

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Les abats du jour

Publié le par la freniere

Les abats du jour
Patrice Desbiens
L’Oie de Cravan
Montréal, 2013, 52 pages

 2010-4357.jpg

 

Le Monde est en

noir et blanc

et

je suis daltonien.

Je bascule

je trébuche

dans la lumière.

 

Patrice Desbiens

 

Publié dans Patrice Desbiens

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Je me souviens

Publié le par la freniere

Je me souviens d'une station wagon qui coupe la nuit

qui ouvre la nuit du nord comme un couteau de chasse

ouvre sa proie

Nous sommes tous là

ma mère ma sœur son mari et ses enfants tous

dans cette voiture c'est

Johnny B. Good Leblanc qui conduit son visage vaguement

éclairé par la lueur du tableau de bord

Je suis le seul des passagers qui ne dort pas tandis

qu'on continue avec un océan de vert meurtri de

chaque côté

Ma soeur dort sur le banc d'en avant

la noirceur qui rentre et sort de sa bouche ouverte

La nuit est longue et sans plis

La nuit est longue et sans plis

La nuit est longue et sans plis

La nuit est longue et sans Soudainement

quelque chose déchire le tissu quelque chose bouge

là et

le pare-brise devient un écran cinémascope les phares

de Twentieth Century Fox et Gulf Western éclairant

l'animal l'animal l'orignal en plein milieu du chemin

qui fige et

fixe son destin qui roule vers lui à 60 milles à

l'heure

Ses yeux ses yeux ses yeux ô dieu son regard jusqu'à

la dernière minute et le choc sourd-muet de fer contre

chair

Et ma soeur qui se réveille en criant un grand cri

fou et

final comme si l'âme de l'orignal avait passé dans

elle en

mourant et enfin

le silence

le silence de notre silence dans

le silence entre

Timmins et Toronto.

 

Patrice Desbiens

Publié dans Patrice Desbiens

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Elle n'est pas morte

Publié le par la freniere

Elle n’est pas morte.

Elle fait semblant.

Comme toutes ces choses que

nous avons l’air de faire.

 

Elle lit ceci par-dessus mon

épaule.

Je sens sa main

maternelle et glaciale

sur mon épaule.

Elle dit mon nom.

Elle répète mon nom, comme

une litanie.

Elle se répète.

Je me répète.

J’écris ceci avec l’efface de mon

crayon, comme une cassette qui

se rembobine.

Je me sers un autre verre de

scotch.

Je la sens derrière moi.

Je me retourne et elle est

partie.

 

Je me retourne.

Je me répète.

Je me rappelle.

Des places.

Des faces.

Une place.

Une ville.

Au sud du vrai nord où

le ciel mord la terre.

Cette ville n’est pas morte.

Elle fait semblant.

Cette ville n’est pas facile.

 

Elle est porte.

Elle est prologue et

épilogue.

 

J’écris ceci :

Elle n’est pas vivante.

Elle fait semblant.

Comme un rêve.

Elle est vraie comme un

rêve.

Comme un livre.

 

Je suis tout petit.

Je suis dans la maison de ma

mère comme si j’étais dans

son ventre.

J’ai chaud.

Je suis bien.

Je ne me rappelle de rien.

Je joue avec mes Dinky toys sur

un lit à couverte rouge.

Les plis de la couverte forment

des montagnes et des vallées où je

les fais promener.

Où je les fais vivre des vies et des morts

sans corps et sans pays.

Je suis présent dans le passé.

Ma mère me regarde jouer avec mes

Dinky toys en préparant le déjeuner.

J’écris ceci :

ce mot :

soupane.

Je ne vois rien.

J’ai faim.

J’ai les mains sales d’avoir tellement

Joué à la guerre.

 

Patrice Desbiens   Un pépin sur un poêle à bois

Publié dans Patrice Desbiens

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Janvier c'est le mois le plus dur de l'année

Publié le par la freniere

on a le choix :

mourir de cancer

ou

mourir de peur.

devenir fou

ou

devenir mou.

 

l’apostrophe sanglante

d’un homme qui

se pend.

son corps bat

dans le vent.

 

une mouche qui se jette

dans un verre de vin

blanc parce

qu’elle n’en peut plus

de le sentir sans

jamais le voir, sans

jamais le boire.

 

avoir le goût

de tout.

avoir le tout

sans le goût.

c’est toujours trop.

ce n’est jamais assez.

 

La folie et la mort

nous guettent.

il n’y a rien de romantique

dans un homme qui se pend

quand son corps bat dans le vent

comme un drapeau sans pays.

 

Patrice Desbiens

 

(poème écrit à la mort d’André Paiement, poète, dramaturge, musicien, chanteur et âme du groupe franco-ontarien CANO)

Publié dans Patrice Desbiens

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