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1726 articles avec poesie du monde

Je cherche un nid...

Publié le par la freniere

De la cabane-à-moineau
à la grotte du Trou de la Fée
Du château Gatineau
à la salle du Bal des Vampires
Du taudis de la rue Darling
au loft des Enfants du
Paradis
Du manoir hanté de Jimmy Page
au bungalow hollywoodien de Roman Polansky
Du back-store d'Henri Tranquille où dormait Jean-Jules
Richard
au char pas de "tire" d'au Clair de la Lune
Du garage à Katou
à la chambre d'ami de l'acadien
Du chalet de l'Avenir à Yves Boisvert
à la roulotte de Chloé Surprenant
Des boîtes de carton derrière le Marché Métro
aux dortoirs de l'Accueil Bonneau
Du condo aire ouverte en rangée
au logement du Plateau avec l'escalier en devanture
Des "capsule-house" japonais à l"aéroport
aux communes d'Hochelaga
Des coops de petits bourgeois
aux centres d'accueil pour vieux criss
Des sous-sols d'églises pour réfugiés
aux camps d'internement pour déplacés
De la cellule du prisonnier du droit commun
au trou pour les felquistes récalcitrants
De la couche des cosmonautes
au wagon-lit du Transsibérien

Du sleeping-bag sous les étoiles
à l'étable de Bethléem
De la maison des souris aux trois lucarnes
à la P'tite École d'Ulvertun de l'Oncle Georges
De l'auberge des Poètes de l'Arche à Jonquière
à la chambre de bonne de l'Île St-Louis à Dsky
De la tente de sudation de Chloé Leriche
à l'écurie remplie de livres de Jean-Claude Germain
Du poulailler de l'artiste inconnu
à la grange à Noël Fortin
Du Palais des Papes à Avignon
à la Cave de Boris à St-Germain-des-Prés
Du grenier du fantôme d'amour
à l'atelier de Riopelle à l'Îles-aux-Oies
Du troisième sous-sol de Max Courtemanche
à la véranda du triplex d'à-coté
De l'igloo de Nanouk
au typee de Chingatchgoutch
Du longue-house de Donacona
à la yourte de Genghis Khan
Dans l'abri atomique de Fort Alamo

au bunker du premier ministre
De la suite royale dans un hôtel 5 étoiles à Paris
à l'Hôtel du Parc dans le bassin à Chicoutt
Du Motel de Norman Bates
au camping de la
Madeleine
Du Temple de Krisna
à l'Asrham d'Aurobindo
Du divan-lit de l'ami après le show
au plancher après la brosse
De la plage de l'Île-du-Repos
jusqu'en dessous de la table à pic-nic à Jonas
En dessous de l'autoroute Ville-Marie
ou en dessous du comptoir du Bar A avec l'Agent Glad
Dans le carrosse de la citrouille
ou dans le bec de la cigogne
Dans le nid de poule
ou dans la cache du chasseur d'orignal
À l'Asile Boum-Boum
ou au presbytère Ste-Famille
Au Couvent de Massueville

ou à la Maison Blanche à Washington
De la petite maison blanche à Chicoutimi
jusqu'à la petite maison dans la prairie...
Évité les sarcophages, les tombeaux, les cercueils, les corbillards, les lieux de dernier repos...
Couché dans tous les scénarios, où il y a le mot: maison, chambre, lit, bureau, commode et dormir, dormir, dormir, zzzzzzzz!

 

Alain-Arthur Painchaud

Publié dans Poésie du monde

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Air d'été

Publié le par la freniere

En ce printemps tardif
au cours duquel chacun a rêvé
d’être ailleurs ou plus tard,
l’été s’annonce enfin… Je m’arrête
ce matin pour écouter « La Truite »
de Franz Schubert. Tout à l’heure,
je vais m’asseoir sur la terrasse
avec un livre dans l’espoir d’emmêler
un peu d’air frais et le chant des oiseaux
entre les lignes et dans les phrases
que je murmurerai. La vie s’annonce
avec les promesses de l’été : la flânerie,
la lenteur, les randonnées sans but,
mais surtout l’obligation de n’avoir
aucune obligation ! On y est presque…

Claude Paradis
20.05.2017

 

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Montréal

Publié le par la freniere

Montréal

Mon Montréal à moi, c’est celui du monde ordinaire, que je transportais d’un bout de rue à un autre, à travers les quartiers de la ville, lorsque je faisais du taxi pour payer mes études et faire vivre ma petite famille. C’est celui des Cantouques de Gérald Godin, avec «les crottés, les Ti-Cul, les Ti-Casse, les Ti-Noir, les cassos, les feluettes, les gros-gras, ceux qui se cognent les doigts avec le marteau du boss». C’est celui de L’Hiver de force de Réjean Ducharme qui déambule à travers le parc Jeanne-Mance en broyant «le noir des arbres nus dans la nuit de la première herbe». C’est celui de Jean Corbo qui saute avec sa bombe à seize ans, un 14 juillet. C’est celui d’Huguette Gaulin qui, à 28 ans, s’immole par le feu, au mois de juin 1972, sur la Place Jacques-Cartier, pour protester parce qu’ «on a détruit la beauté du monde». C’est celui de Victor-Lévy Beaulieu qui fait déambuler son homme-cheval dans les rues de Morial-mort pour exorciser son mal de vivre. C’est celui de Maryse de Francine Noël marchant avec ses souliers à talons hauts dans la neige molle, avec sa galerie de personnages sympathiques, intellectuels passionnés de politique, féministes tourmentées et poètes rêveurs, gravitant tous autour de l’UQAM naissante et de l’École des Beaux-Arts. C’est celui de Gaston Miron traversant le carré Saint-Louis en discourant tout seul dans sa tête et en croisant sans doute Dany Laferrière assis sur un banc du parc en train d’écrire son premier roman. C’est celui de la rue Sanguinet de Claude Dubois et de la rue Saint-Vallier de Beau Dommage, celui des Belles Sœurs de Michel Tremblay sur le Plateau Mont-Royal et d’Émile Nelligan enfermé à Saint-Jean-de-Dieu, et celui du Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, où Florentine Lacasse travaille comme serveuse dans un restaurant bas de gamme de Saint-Henri. C’est celui de Josée Yvon, décédée elle aussi trop tôt, de Michel Garneau, longtemps voisin de Leonard Cohen, près du parc des Portugais, de Michèle Lalonde qui me fait pleurer chaque fois que j’entends son Speak White. Et de tant d’autres que je n’ai pas vus ce soir sur le pont Jacques-Cartier tout illuminé de ses mille feux.

Jacques Lanctôt

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Tu es belle comme un béluga

Publié le par la freniere

Un poème de ma petite-fille Éloïse La Frenière

Un poème de ma petite-fille Éloïse La Frenière

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On n'enterre pas le sang

Publié le par la freniere

On n’enterre pas le sang décharné de la servitude
ni le sang désarmé de l’amour inutilisé ;
on ne retire pas le cri de la bouche comme une clef,
on ne suture pas la pierre fissurée d’une soif.
La chaux vive du sang qui n'a point dormi,
tu l'entendras liquéfier la dalle des morts,
traverser ses étapes de neige étouffée
et siffler en remarchant tout son hiver.
On n'enterre pas le talon poudreux de la foudre
ni la fureur tendre du fruit piétiné ;
le sang retourné sur sa racine comme un décombre
s'est armé tout droit d'une moisson fruste de couteaux...

Rina Lasnier

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Poème mortel

Publié le par la freniere

Les beaux jours qui mènent à tout
Me conduiront-ils à moi-même
Et me diront-ils pourquoi
J’ai traversé tant de déserts
Pour les rejoindre et les perdre à nouveau.

Et moi qui suis l’esclave d’une force puissante
Qui a marqué mes traits
Et donné à mon pas un rythme différent
Je suis le témoin de ces jours que je ne fixe pas
Et qui sont beaux comme des désirs
Et rares comme les amours.
Je suis l’inutile témoin de moi-même
Et de ma solitude dont je ne comprends pas le bonheur inhumain
Dont je ne bénis pas les heures incandescentes
Trop lâche pour émigrer toujours
Me perdre et me trouver d’un geste
Horrible pour ma lâcheté.

 

Jacques Prével

 

Publié dans Poésie du monde

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Roses et ronces

Publié le par la freniere

Rosace rosace les roses
roule mon cœur au flanc de la falaise
la plus dure paroi de la vie s’écroule
et du haut des minarets jaillissent
les cris blancs et aigus des sinistrés

du plus rouge au plus noir feu d’artifice
se ferment les plus beaux yeux du monde

rosace les roses les roses et les ronces
et mille et mille épines
dans la main où la perle se pose

une couronne d’épines où l’oiseau se repose
les ailes repliées sur le souvenir d’un nid bien fait

la douceur envolée n’a laissé derrière elle
qu’un long ruban de velours déchiré

rosace rosace les roses
les jours où le feu rampait sous la cendre
pour venir s’éteindre au pied du lit
offrant sa dernière étoile pour une lueur d’amour
le temps de s’étreindre
et la dernière chaleur déjà s’évanouissait
sous nos yeux inutiles

la nuit se raidissait dure jusqu’à l’aube

rosace les roses les roses et les ronces

le cœur bat comme une porte
que plus rien ne retient dans ses gonds
et passent librement tous les malheurs
connus et inconnus
ceux que l’on attendait plus
ceux que l’on avait oubliés reviennent
en paquets de petites aiguilles volantes
un court instant de bonheur égaré
des miettes de pain des oiseaux morts de faim
une fine neige comme un gant pour voiler la main
et le vent le vent fou le vent sans fin balaie
balaie tout sauf une mare de boue
qui toujours est là et nous dévisage

c’est la ruine la ruine à notre image

nous n’avons plus de ressemblance
qu’avec ces galets battus ces racines tordues
fracassées par une armée de vagues qui se ruent
la crête blanche et l’écume aux lèvres

rosace les ronces !

rosace les roses les roses et les ronces
les rouges et les noires les roses les roses
les roseaux les rameaux les ronces
les rameaux les roseaux les roses
sous les manteaux sous les marteaux sous les barreaux
l’eau bleue l’eau morte l’aurore et le sang des garrots


rosace les roses les roses et les ronces
et cent mille épines !

roule mon cœur dans la poussière de minerai
l’étain le cuivre l’acier l’amiante le mica
petits yeux de mica de l’amante d’acier trempé
jusqu’à l’os
petits yeux de mica cristallisés dans une eau salée

de lame de fond et de larmes de feu
pour un simple regard humain trop humain

rosace les roses les roses et les ronces
il y avait sur cette terre tant de choses fragiles
tant de choses qu’il ne faillait pas briser
pour y croire et pour y boire
fontaine aussi pure aussi claire que l’eau
fontaine maintenant si noire que l’eau est absente

rosace les ronces
ce printemps de glace dans les artères
ce printemps n’en est pas un
et quelle couleur aura donc le court visage de l’été ?


Roland Giguère (1954)

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L'empan

Publié le par la freniere

Même si mes mains sont devenues blanches,
je n’ai pas oublié les ongles en deuil
ni les crevasses que souligne
l’encre indélébile du cambouis.
Je sais des mains calleuses
qui même au repos, la journée faite,
rechignent à s’ouvrir tout à fait,
comme le paysan à se redresser.
Je sais des mains adroites devenant gauches
une fois l’outil posé ;
des mains de femmes
rongées par les acides de l’usine
et d’autres à la peau flétrie
par les lessives et l’engelure.
Je sais des mains outragées,
mains de maçon brûlées de chaux,
écorchées aux pierres,
criblées d’échardes,
ou les moignons des doigts offerts
à la toupie des menuisiers.
Et je revois le poing rageur
du vieil Espagnol de l’exil
qui soudain posait la gouge pour désigner
de son index amputé un horizon perdu
là bas, au bout des larmes et des fusils.
Alors que les miennes sont devenues blanches,
Est-ce donc misérabilisme que d’évoquer
la mémoire des mains ouvrières,
leur intelligence, leur savoir faire,

leur fierté et le tribut qu’elles paient ?
J’en sais de causeuses qui par pudeur,
se tordent pour mieux se taire,
qu’un tremblement parfois trahit.
J’en sais au bord de l’émotion qui se retiennent,
esquissent à leur insu
le mime du trouble ou de l’envol,
mais qui replient leurs ailes trop lyriques,
mais qui retombent sur des genoux mutiques,
vaincues par on ne sait quelle obligation de réserve,
quelle modestie.
J’en sais surtout qui par poignées renouent
les fils des vieilles solidarités,
des mains rebelles et transgressives
quand elles sortent de leur rôle,
quand elles prennent et tiennent et donnent la parole,
et qu’elles font signes.
Oui, j’en connais qui cherchent,
même dans le vide, même à tâtons,
paumes ouvertes,
une forme à l’avenir.
Si nul ne sait ce qu’elles façonneront,
nul ne doute qu’elles sont l’empan
de l’homme debout,
ni qu’elles donnent la mesure
de l’être industrieux
conscient de tenir, avec sa liberté,
entre le pouce et l’index,
le cousu main de son destin.


 

Michel Baglin

 

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Étranges étrangers

Publié le par la freniere

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

Hommes de pays loin

Cobayes des colonies

Doux petits musiciens

Soleils adolescents de la porte d’Italie

Boumians de la porte de Saint-Ouen

Apatrides d’Aubervilliers

Brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

Ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

Au beau milieu des rues

Tunisiens de Grenelle

Embauchés débauchés

Manœuvres désœuvrés

Polacks du Marais du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone

Pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère

Rescapés de Franco

Et déportés de France et de Navarre

Pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

La liberté des autres.

Esclaves noirs de Fréjus

Tiraillés et parqués

Au bord d’une petite mer

Où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus

Qui évoquez chaque soir

Dans les locaux disciplinaires

Avec une vieille boîte à cigares

Et quelques bouts de fil de fer

Tous les échos de vos villages

Tous les oiseaux de vos forêts

Et ne venez dans la capitale

Que pour fêter au pas cadencé

La prise de la Bastille le quatorze juillet.

Enfants du Sénégal

Départriés expatriés et naturalisés.

Enfants indochinois

Jongleurs aux innocents couteaux

Qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

De jolis dragons d’or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

Qui dormez aujourd’hui de retour au pays

Le visage dans la terre

Et des hommes incendiaires labourant vos rizières.

On vous a renvoyé

La monnaie de vos papiers dorés

On vous a retourné

Vos petits couteaux dans le dos.

Étranges étrangers

Vous êtes de la ville

Vous êtes de sa vie

Même si mal en vivez

Même si vous en mourez.

Jacques Prévert

 

Publié dans Poésie du monde

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Saison en-allée

Publié le par la freniere

La neige devenue noire
Fûme en jetant son brouillard
Sur l’arrogance des primevères

 

Sur la montagne
Plus près des étoiles
C‘est encore l’hiver

 

Un grand cervidé
Lève les yeux
Vers le printemps qui niaise

 

 

Christiane Loubier

 

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