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1708 articles avec poesie du monde

La collection Orphée aux Éditions de la différence

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La collection Orphée aux Éditions de la différence

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Speak white

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Besoin d'amour

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Le vieux avait coutume d'abandonner son verre à demi plein sur le seuil du jardin. Jamais très longtemps, juste ce qu`'il faut pour cueillir des doryphores et attacher les scaroles. Il savait y découvrir au retour quelques mouches et devoir, d'un geste digne et bref, jeter la mixture aux chats endormis. Mais rien n'aurait su le dissuader de poser là son godet, tant il aimait le caprice des mouches qui, loyales, choisissaient son vin pour mourir. Rien ni personne, pas même le rituel éclat de rire par lequel je saluais l'aventure.

 

Complice, je savais qu'il revenait d'une longue randonnée au fond du jardin et que le voyageur a lui aussi, parfois, besoin d'amour.

 

Michel Baglin

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Éloge du fou

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Il existe sur cette terre un peuple dont on ne parle jamais mais ils se reconnaissent entre eux ; ils s’aiment ou se haïssent mais surtout, sans cesse, ils se renvoient la même question, la seule à leurs yeux qui mérite d’être posée. Ils cherchent, cherchent sans répit, sinon quelques plages de mensonges et certaines formes d’oubli.
Cette question murmurée, implorée, chantée, hurlée, ils s’en frappent la tête.
Ils s’en mettent le cœur à vif ! Ils la boivent tel un vin rare, se l’injecte comme un poison, se saoulent ou se régénèrent, la perdent pour mieux la retrouver jusqu’au bout des nuits blanches, des journées sans soleil. Ils la décortiquent, l’aspirent, la crachent et l’offrent parfois sans calcul comme un bouquet de fleurs à une âme de passage.

Certains disent qu’ils sont fous. Et alors ?

Il en faut des fous pour exorciser nos démons, pour donner corps à nos monstres et nous permettre de dormir en paix ! Il en faut des fous pour se mettre à nu et se poignarder avec tous nos pieux mensonges ! Il en faut des fous pour se lancer dans ce vide que nous n’affrontons pas même du regard. Il en faut des fous pour aller décrocher les étoiles qui brillent derrière nos paupières cousues. Il en faut des fous pour accoucher le monde !

Fous ! Les fous battent la campagne et la breloque !
Fous ! désaxés ! détraqués ! dérangés !
Siphonnés, timbrés, piqués, cinglés, cintrés!
Maboul, marteau ! Toqué, tapé ! Tordu, toc-toc,
cinoque, louftingue, dingues et loufoques !


Z’ont perdu la raison,
La boule et la boussole,
Une araignée au plafond,
Mais qu’importe Monsieur, les fous travaillent et pas qu’un peu
Les fous travaillent du chapeau !


les fourres tout
les foutrement gais
les inspirés
chercheurs de vérité
fous téméraires
Et foutu bordel !

Les fous parlent à leur chien
Les fous n’ont pas de besoin
Les fous respectent la terre
les fous donnent tout
les fous ne mentent pas
Les fous flânent en chemin
nourrissent les oiseaux
les fous pleurent
la mort d’une fleur
les fous traversent les déserts
gravissent les montagnes
franchissent les mers
les frontières
à la nage ou à la rame
les fous disent paix et tolérance
brûlent leur carte d’identité
pour les sans-papier
Les fous refusent de s’alimenter
parce que d’autres sont affamés
les fous ne ferment jamais leur porte à clé


les fous vivent dans les arbres
les fous se couchent au sol
devant les tanks les bulldozers
les fous parlent d’amour quand on leur fait la guerre
les fous pardonnent à leurs tortionnaires
les fous s’opposent, luttent, militent
aiment et cultivent la différence

les fous défendent des idéaux
les fous écrivent des poèmes
Les fous refusent télé, supermarchés
refusent d’être vaccinés pucés
s’entêtent à ne pas se résigner

Les fous un jour partent sans se retourner
Les fous voyagent à pied
à dos d’ânes en roulottes
Les fous font de leurs rêves une réalité
les fous se méfient du progrès
prennent le temps de ne pas travailler
les fous crèvent plutôt que de capituler
Les fous s’aiment malgré tout
Les fous refusent le garde à vous
Les fous croient en la justice
et pensent pouvoir changer le monde


mais il y a d’autres fous encore plus fous
qui veulent que tout et tous soient parfaits
fous qui veulent rester entre eux
fous de fric de pouvoir
fous qui veulent tout diriger
fous qui veulent tout acheter
fous qui pensent qu’ils n’en sont pas
et qui disent :

Est fou celui qui ne pense pas comme nous…
Est fou celui qui n’est pas comme nous…


 

Cathy Garcia


glané sur Emila Gitana

 


 


 

 


 

 


 


 

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Ne me dites pas

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... N'est-ce pas ce qui importe
cette vie des mots d'avant et d'après l'amour?

Ne me dites rien je sais déjà
o mes amis férus de printemps
un certain matin nous serons si petits
que le monde ne nous retrouvera plus

et nous débarquerons d'un sillage nocturne
avec une cargaison de poèmes pour recréer le monde.
...

André Chenet

extrait d'un poème en cours d'écriture
dédié à
Patrick Quillier et François Minod
après une nuit alarmante de poésie ---

 

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Tard dans la vie

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Pierre Reverdy

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Traverser la pluie

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La pluie tombe tranquillement sur les briques d'Albi. Je tue le temps entre deux rencontres dans ma chambre d'hôtel, devant un douteux reportage télé qui raconte l'obsession d'une dame pour retrouver son yorkshire et l'obsession d'une autre à ne pas vomir. La première passe ses journées dans sa voiture à scruter avec des jumelles tous les caniches qui passent. La peur d'être malade rend malade la seconde. Je coupe rapidement le son et regarde la pluie ronronner dans le ciel gris. Aujourd'hui j'ai rencontré des lycéens et des professeurs qui m'ont invité pour partager quelques poèmes. J'ai fait sept heures et demi de train pour partager quelques poèmes. Je suis seul maintenant dans cette chambre d'hôtel et c'est comme si la pluie réduisait toutes les distances. Entre moi et eux. Entre moi et les miens. Entre moi et les autres. Les humains sont prêts à tout pour se sentir un petit peu moins irrémédiablement seuls. Prêts à chercher sans fin un caniche perdu. Prêts à se rendre malade de tout même d'une idée. Prêts à traverser le pays. Prêts à traverser la pluie pour partager un poème. Les journées de train et d'hôtel ne me dérangent pas. Elles me permettent de mieux retrouver ceux que j'aime quand je rentre. Des élèves m'accueillent et m'écoutent avec curiosité. Des professeurs m'invitent et transmettent mes textes avec bienveillance. La poésie m'a sauvé la vie. Elle accompagne mes peurs, mes manques et mes doutes. Elle tient ma solitude par la main. Elle m'a donné une raison valable de traverser la pluie. Le temps de gribouiller ce texte, la jeune fille aux tocs du reportage se torture pour ne pas replier complêtement le rideau de douche, et la dame consulte une voyante pour son yorkshire. Je n'ai pas envie de me moquer d'elles. Nous sommes ces petites bêtes tragiquement grotesques. Nous luttons, toutes et tous, avec nos grigris dérisoires. Notre insignifiante magie. Nous luttons. Nous nous mouillons. Et parfois d'un petit coup de langue nous gouttons la pluie. Et parfois c'est bon.

(dans une chambre d'hôtel d'Albi le 7 mars 2017)

 

Thomas Vinau

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Comme un hiver satisfait du gel

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Le gel qui mange la terre
Est-ce le signe d’un pays
Réduit à disparaître
Sous une neige de passage
 
Nous sommes cet hiver de force
Nous sommes venus ici
Pour vaincre le temps
Par le silence que nous fûmes

L’arme des condamnés d’avance
À mourir de froid
 
 
 

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L'écriture au canif

Publié le par la freniere

photo Jacques Desmarais

photo Jacques Desmarais

Berma Biou, Dear Abedul, ils disent que tu supportes humblement la chaleur, les grands froids, les sols pauvres, les voyageries en canot, les alexis, n'importe quoi, mais pas la sécheresse. Pas la sécheresse! Du frèle. Du trèfle. Des rêves. Arbre au bas mot dentelé des amoureux. Arbre de sève entre les arbres et le ciel bleu. Arbre du renouveau, de la lumière. Centenaire. Dépuratif. It ain't me Babe. Arbre aux allures féminines, aux branches noires qui pincent, à l'y " de noir Jésus " qui s'exfolie, aux fourches qui attisent avant les braises. Arbre de lenticelles horizontales, arbre des amoureux de la salive. Arbre de l'écriture au canif. Pas la sécheresse bouleau! Pas la sécheresse du temps présent.

Jacques Desmarais

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Raymond Carver

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Raymond Carver

Raymond Carver

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