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1794 articles avec poesie du monde

Un jour

Publié le par la freniere

Un jour

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L'inconnu

Publié le par la freniere

Un homme s'est cassé la tête
contre le mur invisible
qui le séparait de lui-même
il gît maintenant
au fond de la rivière
les yeux grand ouvert
comme un poisson blanc
recouvert d'algues et de sable
sa dernière pensée
est remontée à la surface
et vogue maintenant
comme un bouchon de liège
vers l'immense océan

Cet homme triste au nom étrange
réapparaîtra dans notre mémoire
il nous racontera les histoires
qui se transmettent d'une rive à l'autre
il deviendra un pont de pierre
ou un arc-en-ciel après l'averse
suspendu entre la vie et la mort
il deviendra un cormoran
un bouquet de roseaux
il nagera jusqu'à ce que les temps s'apaisent
et renaîtra avec des bras très longs
pour embrasser tous les malheureux
qui errent sans espoir sur la terre.

André Chenet

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L'inconnu

Publié le par la freniere

Un homme s'est cassé la tête
contre le mur invisible
qui le séparait de lui-même
il git maintenant
au fond de la rivière
les yeux grand ouvert
comme un poisson blanc
recouvert d'algues et de sable
sa dernière pensée
est remontée à la surface
et vogue maintenant
comme un bouchon de liège
vers l'immense océan

Cet homme triste au nom étrange
réapparaîtra dans notre mémoire
il nous racontera les histoires
qui se transmettent d'une rive à l'autre
il deviendra un pont de pierre
ou un arc-en-ciel après l'averse
suspendu entre la vie et la mort
il deviendra un cormoran
un bouquet de roseaux
il nagera jusqu'à ce que les temps s'apaisent
et renaîtra avec des bras très longs
pour embrasser tous les malheureux
qui errent sans espoir sur la terre.

André Chenet

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La conflence des mots

Publié le par la freniere

à Bruno Geneste

Rue des Forges,

des mots dansent dans ma tête,

des brûlots s'empilent

comme de la pitoune de quat'pieds,

sauf que je ne les compte pas,

je suis arythmique

jusqu'au bout de mes rêves.

Seul le vent me guide.

 

Ici rien ne rime

sinon les pavés des trottoirs

qui glissent vers le Saint-Laurent.

 

Des poèmes jaillissent des murs,

l'essence de la marche trifluvienne,

la folie langagière du Zénob

entre deux bières,

où le monde gravite

pendant dix lunes automnales

tels des fidèles

allant aux vêpres...

 

Cinq continents

dans une stèle au poète inconnu

Place de l'Hôtel de Ville,

je pose avec Nicolas Kurtovich

de Nouvelle-Calédonie

(L'autre bout du monde).

 

Cinq Terres pour une seule patrie,

la POÉSIE,

capitale du papier en fête

dans la messe annuelle

de Trois-Rivières

à la faveur du DIRE...

 

Parc Champlain,

des poèmes comme des linges suspendus

cherchent leurs yeux,

le sens de leur destin.

Ici tout converge à la parole sensible,

s'accroche, s'agglutine,

charpente l'air humide et froid

qu'improvisent quelques feuilles sèches

de bouleau ou de cèdre...

 

Cette nuit encore

je fonds vers l'hôtel Gouverneur

avec l'ivresse des accents

jusqu'à mon chevet

assoiffé de livres bilingues

qui me distillent

la fluidité sauvage

de Mexico, Saint-Pétersbourg,

Hangkzou, Cotonou...

et toute la mélancolie lancinante

des vieux peuples rassemblés.

Trois-Rivières, octobre 2008

 

Louis Bertholom

poète breton

 

Festival internationnal de poésie de Trois-Rivières 2018

 

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On m'a légué le bonheur

Publié le par la freniere

(à mes sœurs Élise et Dominique)

Avec septembre, je rentre au bercail,
je retrouve le regard apaisant de ma mère
et la tendre affection de mon père.
Je sais depuis longtemps pourquoi
je mène une vie heureuse. En lisant
les carnets d'un écrivain, qui évoque
les colères violentes de sa propre mère,
je me sens doucement réconforté
d’avoir au contraire reçu l’amour
respectueux et attentif de mes parents.
Tout m’apparaît d’une clarté bienveillante
simplement parce qu’enfant j’ai bénéficié
du regard sans malice et sans obscurité
que portaient sur moi mes parents.
Si j’ai développé cette capacité d’être
mon propre ami, c’est bien parce que
mon père et ma mère m’ont laissé entendre
et comprendre que j’étais un être
digne de leur confiance et de leur respect.

Claude Paradis
1.09.2018

 

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Bric-à-brac

Publié le par la freniere

Bric-à-brac: 2e jour de campagne où les geais bleus se sont rassemblés en troupe, leurs cris de corvidés se répercutent dans la vallée. Je me suis réveillé avec le goût de noisettes et le souvenir des piquants qu'il fallait éliminer en les mettant dans un sac de jute que l'on battait sur l'asphalte, il en restait des traces après, sur les bords du trottoir, plus facile à éplucher, ensuite on allait les vendre au restaurant du coin, à St-Mathias d'Arvida, en paquet de 50 ou de cent noisettes dans des sacs en papier brun.
C'est le temps des cerises sauvages, à l'époque où elles sont grosses et noires, on en mangeait avec beaucoup de sel, on devenait coloré, taché, et on crachait les noyaux, la bouche devenait pâteuse. Les souvenirs d'enfance sont liés à la fin de l'été, au jour de la rentrée scolaire avec les nouvelles classes et les nouvelles faces.
Bientôt ce sera le temps des cucurbitacées!
En attendant les déguisements, les politiciens ont tous mis leurs costumes de Père No Way, cadeaux, bonbons, petit tour en carrosse, plongée dans le cheminée, cartes-bonis, et décompte de la dernière chance.
J'ai cherché la définition du mot poulie qui m'a intrigué: c'est une petite roue qui porte sur sa jante, une corde, une courroie, et sert à soulever des fardeaux, à transmettre un mouvement. Les parties de la poulie sont: le croc, la gorge, la mâchoire et le réa qui est le rouet. Il y a la poulie folle qui tourne librement sur son axe et il a la poulie simple, double et triple, mais il semble que toutes les poulies grincent...
C'est toujours le temps des foins, de rentrer çà dans la grange, de faire des conserves, de rentrer le bois dans le caveau, c'est pour quand les patates, les pommes prennent des couleurs tandis que les pommiers sont lourds des fruits mûrs. Dans la forêt lanaudoise, les verts pâlissent et deviennent jaunes on sent l'écart de température, je commence à faire ma liste pour la chasse à l'Original...
On va publier un journal humoristique comme dirait Louis Fréchette, çà prends des Originaux et des Détraqués pour embarquer dans un tel projet, avec notre petit marché, le Québec Bashing va se donner le bon rôle du méchant et le bon flic va à Taillefer de Voir Libéral...
La dernière lune de l'été se déguise en chemise carottée, on sort les cornemuses, on nage dans les brumes du matin. Chez nos amis les oiseaux, beaucoup ont amorcé le voyage vers le Sud, on aurait le goût de s'accrocher au voilier d'outardes comme un moussaillon qui monte au mât de misaine, terre à l'horizon!
Les alizés nous saluent, tout alentour, les snow-birds, les flying-dutchmans et les bermudas qui plongent dans le mystère du triangle. C'est l'équateur qui doit être notre point de départ, en temps qu'espèce, à l'époque de l'Île de la Tortue, la Pangée...
Les bactéries qui nous accompagnent depuis ce temps-là, ont des souvenirs bien enfouis dans notre système digestif, si on pouvait parler le langage des bactéries, on en saurait un peu plus sur l'évolution de la vie sur terre et ailleurs dans l'univers. Pour votre première leçon, vous me ferez un exposé sur les unicellulaires, parlez-nous des eucaryotes (qui ont des noyaux avec leur matériel génétique) et les procaryotes (qui n'ont pas de noyau), entre 2 et 4 milliards d'années, il s'en passait des choses ici...
Souvenir-souvenir de Métal Hurlant, quand nous sommes dans le bureau d'Alain Dionnet à Paris, avec Richard Langevin et Alain Proulx et le téléphone sonne, c'est Los Angeles qui veut acheter les droits pour Heavy Metal, çà cogne à la porte, oups! c'est Moëbius, Jean Girault lui-même, oh! des québécois, il entre et se mêle de la conversation, sublime rencontre, à la fin, on va dans l'entrepôt avec le Dg qui nous donne la collection complète des revues...
Nous avons tous dans nos souvenirs, un numéro de Pilote, les Rubriques-à-bracs de Gotlib, un Fluide Glacial, une Bd de Crumb, Onésime, nous avons un Andy Capp, Spy vs Spy, Red Ketchup, Lone Sloane de Druillet, Little Nemo de Windsor Mackay... Avez-vous des idées fixes...

Alain-Arthur Painchaud en bandes dessinés...en dessins animés...

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Nostalgie

Publié le par la freniere

Pareilles à de grosses gouttes de miel les abeilles
les abeilles portent les ceps de vigne jusqu’au soleil
c’est de ma jeunesse qu’elles arrivent en volant
tout comme ces pommes
ces lourdes pommes
ce chemin à la poussière dorée
ces galets blancs tout au long de la rivière
et ma foi dans les chansons
et mon absence d’envie
de là aussi cette journée sans un nuage 
cette journée si bleue
et la mer couchée sur le dos toute nue et chaude
et cette nostalgie
et les dents lumineuses 
de cette bouche aux lèvres épaisses
avec les abeilles dans ce village du Caucase
comme de grosses gouttes de miel
me sont revenues de ma jeunesse
de ma jeunesse que j’ai laissée quelque part
sans avoir pu m’en rassasier…

Nazim Hikmet

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À mon pays retrouvé

Publié le par la freniere

Je reviens en septembre, le mois de ma naissance, dans un camion

                              presqu’animal,

et la phrase sourde du moteur comme une berceuse de l’enfance

conte l’histoire d’un homme et de son sac de sable.

Mon pays est plus vaste que mon bagage.

Le ciel encombré d’un nuage géant et le dos basculant de la terre

que je vois respirent comme un bœuf à l’énorme poitrail.

C’est un matin enluminé de fermes blanches et d’arbres

aux feuilles filantes comme mes pensées,

et depuis l’appel du premier corbeau piquant du bec

et de l’âme le reste ensoleillé des blés qui ont marché partout,

ma joie déborde comme la paille des granges.

Des voix longtemps éteintes m’attendent dans la complicité de l’air.

Une touffe d’herbe haute me dit que les morts ont grandi.

Ici, j’ai vécu plusieurs vies, l’une chercheuse, presque matinale,

parmi les fleurs des sous-bois à la tendresse ridicule,

l’autre abondante à midi dans la lumière ronde des tournesols,

et l’autre encore, douloureuse, comme un journal quotidien

ou la trahison d’un outil mais toutes rêvées sans lassitude

comme on entend la nuit le bruit des moissonneuses.

Que mon pays soit mes années, mon chiendent, ma route, mon nuage

et ma carte postale et si partir traverse encore ma tête

que ce ne soit qu’un apparent voyage

comme les adieux faits à un mort à qui l'on ferme les yeux

dans une chambre au royal sourire.


 

Jean Le Mauve

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À Loïc

Publié le par la freniere

À Loïc

 

Il arrive que j'habite mal le lieu qui me situe

comme si l'espace jetait de la distance au fond de moi

Mais la tendresse du regard d'un enfant sur le monde

me donne le charme de l'immobilité

par ce mot si doux que mon fils me chuchote à l'oreiller

Papa, je pleure de joie

plus tard encore par cet aveu de lumière

qui embrase mes jours        je t'aime, papa

On est au monde pour si peu

et ce peu contient tout mon bonheur.

 

Claude Paradis

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L'aube est lisse

Publié le par la freniere

L'aube est lisse sur le flanc de l'océan

Le soleil plante ses ongles délicats

J'ai oublié l'écriture illisible de mes nuits transparentes

(sans insomnie-sans sommeil)

la caresse dévoilée des sommeils sans lumière

j'ai le bonheur de tes mots donnés sédimentés dans les rides de ma mémoire

j'ai, sans incertitude, les larmes sucrées et longues

de la rondeur des femmes

de l'arrogance des hommes

j'ai ta bonté que tu as déposé comme un buvard sur des vers de Prévert

la vibrante présence du frisson tiède

de tes cheveux entre mes doigts

ces odeurs tropicales, ces odeurs de bagne aussi

que tu m'a légués comme un alizé interminable échoué sur ma peau

un mouvement de poignet lent et affectueux

une tape sur l'épaule

un regard pénétrant

...

la suite

 

Jean-Luc Gastecelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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