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1732 articles avec poesie du monde

Société de rapaces

Publié le par la freniere

Photo: Jacques Desmarais, Centre d'exposition de Val-David, 17 juillet 2017.

Photo: Jacques Desmarais, Centre d'exposition de Val-David, 17 juillet 2017.

Publié dans Poésie du monde

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Je cours avec mes mains nues

Publié le par la freniere

J’ai l’intention de toucher à la larme des fleurs, à l’épaisseur du moindre souffle empoté comme une confiture de muguet. Certains creusent, d’autres amassent la terre du trou. La terre, notre terre est à chacun. Je glisse sur le dos du monde et mon corps avance tout seul. L’enfance que je n’ai pas eue se cache dans le foulard de son anniversaire. Je tiens la vie comme une culbute, comme une dégringolade du vertige que le chaos embrassait. Je porte en moi l’immense récipient de la foudre et des feuilles mouillées. Dans le parfum du sommeil, des arbres secoués par le vent inventent une seconde pluie plus fine. Je suis un migrateur inflexible, l’âge s’agite dans l’instable équilibre d’un chapeau de paille retourné. Je jubile et toute adversité s’envole. J’aime le verbe, il me donne à voir l’invisible. Je suis l’ami de ma chair pensante.

Néanmoins.

Un cri oublié se perpétue dans la trame commune. Des hommes et des oiseaux brisent les chaînes du ciel, le transpercent dans la pesanteur de l’instant qui n’a pas encore bu aux étoiles. L’heure est un aigle immense flottant sur les reflets de nos ajournements. J’ai reporté à demain la tristesse d’être venu au monde et la joie de dire : ici, c’est maintenant. Je cours les mains vides, je cloque comme un pâté de souffrance dans un silence inaccompli. Je ne verrai jamais la flambée de nuages s’éteindre dans la mousse de l’extrême incandescence. Ancré dans les eaux de la nuit, le bonheur est un souffle dont je ne peux m’emparer. Tout comme le vent s’habitue aux dédales de l’air, je me suis accoutumé aux tempêtes qui broussent mon sang. Je renonce à l’humidité qui rouille la clairvoyance de mon esprit. Les doigts moites de condescendance, j’écris mon corps avec le fer du grillage qui m’entoure.


Bruno Odile

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Ne dis rien

Publié le par la freniere

Ne dis rien

oh! surtout ne dis rien

toi le témoin silencieux

ne dis rien qui puisse établir la vérité

crier à l'injustice

réfuter dénoncer et faire tourner la vague

et damer le pion

et clouer le bec

river le clou

ne dis rien

toi qui ne veux pas de troubles

qui détestes la chicane

ne dis rien

tous les yeux se poseraient sur toi

comme d'horribles corneilles sur la floraison d'un amandier

toutes les vouches jacasseraient contre ta vérité

 

ne dis rien

tu serais obligé d'être le héros de l'enfant humilié

tu serais tenu d'accepter la gloire

ne dis rien

on se retournerait aussi contre toi

toi qui aimes et ne connais pas ton pouvoir

 

la lumière transformerait ton antre en feu de joie

et tu ne supportes que la pénombre de ta vie de moisissure

me par le pas de ton pays

au cas où il y aurait un Canadien dans la place

ne te bats pas pour tes idées

ne dis rien

le silence te fera traverser le désert sain et sauf

mais tu ne verras pas l'ombrelle des fleurs

ni la magnificence du soleil derrière les dunes

ni la beauté des contrastes

ni l'inutilité de ta présence

ne dis rien ne dis rien ne dis rien

mais sache que même les moutons peuvent mordre celui qui les suit

de trop près

 

Francine Allard

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Comme tout le monde

Publié le par la freniere

Thomas Vinau

Thomas Vinau

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Il faudra bien un jour

Publié le par la freniere

photo: Jean Désy

photo: Jean Désy

Il faudra bien un jour admettre
Que sans le silence infini des forêts
Sans la paix démesurée des muskegs
Et l’énorme solitude des barrages à castors
L’humanité entière court à sa perte

Il faudra bien un jour admettre
Que sans la musique des sphères
La sarabande des plus lointaines galaxies
L’humanité n’est qu’une vaste foule anonyme
Un magma d’êtres en désespoir de cause

De toute urgence il faut refaire acte d’allégeance
Aux puissances chtoniennes et célestes
Pour que s’éteignent les voix de toutes les radios
Ces pans d’ondes pétries de triste humanité
Pour qu’enfin pulse un nouveau Soleil
Une pleine lumière de froid d’or et calme

 

Jean Désy

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Le coeur au Nord

Publié le par la freniere

Entre deux nuages, le vent s'est engouffré, un frisson se faufile tout au long de la colonne vertébrale, la chair de poule envahit les extrémités du corps, l'engourdissement se répand à l'intérieur des os. Les cheveux se dressent sur la tête, le torticollis m'empêche de rire et de pleurer. L'étoile a perdu sa luminosité, le nuit s'enfuit et le tonnerre gronde, la pluie froide tombe comme des glaçons, la cabane au fond des bois navigue entre les arbres qui fouettent les fenêtres, les feuilles sifflent et crient, les animaux de la forêt, dans le silence se préparent à la catastrophe. Dans les changements de saisons, le sapin sombre dans le ravin, arraché par la violence des rafales. Dans sa tanière il n'y a plus personne, les petits loups se sont sauvés dans la lande, les nids sont éparpillés dans le sous-bois, les plumes au vent s'envolent, les rapaces rôdent encore, les oeufs cassés racontent le désastre, tout est à recommencer. Amina, telle un rouge-gorge va refaire sa vie dans un autre univers, la nature a horreur du vide, avant la prochaine saison, elle reprendra le chemin du Sud. Comme un accord avec les éléments, même sur le bord du précipice, l'espoir renait entre les risques et les périls, entre l'arbre et l'écorce, entre la survie et les faillites, entre discipline et anarchie. Le soleil se lève à l'Est, la lune se cache à l'Ouest, le vie suit son cours...

Alain-Arthur Painchaud

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Je cherche un nid...

Publié le par la freniere

De la cabane-à-moineau
à la grotte du Trou de la Fée
Du château Gatineau
à la salle du Bal des Vampires
Du taudis de la rue Darling
au loft des Enfants du
Paradis
Du manoir hanté de Jimmy Page
au bungalow hollywoodien de Roman Polansky
Du back-store d'Henri Tranquille où dormait Jean-Jules
Richard
au char pas de "tire" d'au Clair de la Lune
Du garage à Katou
à la chambre d'ami de l'acadien
Du chalet de l'Avenir à Yves Boisvert
à la roulotte de Chloé Surprenant
Des boîtes de carton derrière le Marché Métro
aux dortoirs de l'Accueil Bonneau
Du condo aire ouverte en rangée
au logement du Plateau avec l'escalier en devanture
Des "capsule-house" japonais à l"aéroport
aux communes d'Hochelaga
Des coops de petits bourgeois
aux centres d'accueil pour vieux criss
Des sous-sols d'églises pour réfugiés
aux camps d'internement pour déplacés
De la cellule du prisonnier du droit commun
au trou pour les felquistes récalcitrants
De la couche des cosmonautes
au wagon-lit du Transsibérien

Du sleeping-bag sous les étoiles
à l'étable de Bethléem
De la maison des souris aux trois lucarnes
à la P'tite École d'Ulvertun de l'Oncle Georges
De l'auberge des Poètes de l'Arche à Jonquière
à la chambre de bonne de l'Île St-Louis à Dsky
De la tente de sudation de Chloé Leriche
à l'écurie remplie de livres de Jean-Claude Germain
Du poulailler de l'artiste inconnu
à la grange à Noël Fortin
Du Palais des Papes à Avignon
à la Cave de Boris à St-Germain-des-Prés
Du grenier du fantôme d'amour
à l'atelier de Riopelle à l'Îles-aux-Oies
Du troisième sous-sol de Max Courtemanche
à la véranda du triplex d'à-coté
De l'igloo de Nanouk
au typee de Chingatchgoutch
Du longue-house de Donacona
à la yourte de Genghis Khan
Dans l'abri atomique de Fort Alamo

au bunker du premier ministre
De la suite royale dans un hôtel 5 étoiles à Paris
à l'Hôtel du Parc dans le bassin à Chicoutt
Du Motel de Norman Bates
au camping de la
Madeleine
Du Temple de Krisna
à l'Asrham d'Aurobindo
Du divan-lit de l'ami après le show
au plancher après la brosse
De la plage de l'Île-du-Repos
jusqu'en dessous de la table à pic-nic à Jonas
En dessous de l'autoroute Ville-Marie
ou en dessous du comptoir du Bar A avec l'Agent Glad
Dans le carrosse de la citrouille
ou dans le bec de la cigogne
Dans le nid de poule
ou dans la cache du chasseur d'orignal
À l'Asile Boum-Boum
ou au presbytère Ste-Famille
Au Couvent de Massueville

ou à la Maison Blanche à Washington
De la petite maison blanche à Chicoutimi
jusqu'à la petite maison dans la prairie...
Évité les sarcophages, les tombeaux, les cercueils, les corbillards, les lieux de dernier repos...
Couché dans tous les scénarios, où il y a le mot: maison, chambre, lit, bureau, commode et dormir, dormir, dormir, zzzzzzzz!

 

Alain-Arthur Painchaud

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Air d'été

Publié le par la freniere

En ce printemps tardif
au cours duquel chacun a rêvé
d’être ailleurs ou plus tard,
l’été s’annonce enfin… Je m’arrête
ce matin pour écouter « La Truite »
de Franz Schubert. Tout à l’heure,
je vais m’asseoir sur la terrasse
avec un livre dans l’espoir d’emmêler
un peu d’air frais et le chant des oiseaux
entre les lignes et dans les phrases
que je murmurerai. La vie s’annonce
avec les promesses de l’été : la flânerie,
la lenteur, les randonnées sans but,
mais surtout l’obligation de n’avoir
aucune obligation ! On y est presque…

Claude Paradis
20.05.2017

 

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Montréal

Publié le par la freniere

Montréal

Mon Montréal à moi, c’est celui du monde ordinaire, que je transportais d’un bout de rue à un autre, à travers les quartiers de la ville, lorsque je faisais du taxi pour payer mes études et faire vivre ma petite famille. C’est celui des Cantouques de Gérald Godin, avec «les crottés, les Ti-Cul, les Ti-Casse, les Ti-Noir, les cassos, les feluettes, les gros-gras, ceux qui se cognent les doigts avec le marteau du boss». C’est celui de L’Hiver de force de Réjean Ducharme qui déambule à travers le parc Jeanne-Mance en broyant «le noir des arbres nus dans la nuit de la première herbe». C’est celui de Jean Corbo qui saute avec sa bombe à seize ans, un 14 juillet. C’est celui d’Huguette Gaulin qui, à 28 ans, s’immole par le feu, au mois de juin 1972, sur la Place Jacques-Cartier, pour protester parce qu’ «on a détruit la beauté du monde». C’est celui de Victor-Lévy Beaulieu qui fait déambuler son homme-cheval dans les rues de Morial-mort pour exorciser son mal de vivre. C’est celui de Maryse de Francine Noël marchant avec ses souliers à talons hauts dans la neige molle, avec sa galerie de personnages sympathiques, intellectuels passionnés de politique, féministes tourmentées et poètes rêveurs, gravitant tous autour de l’UQAM naissante et de l’École des Beaux-Arts. C’est celui de Gaston Miron traversant le carré Saint-Louis en discourant tout seul dans sa tête et en croisant sans doute Dany Laferrière assis sur un banc du parc en train d’écrire son premier roman. C’est celui de la rue Sanguinet de Claude Dubois et de la rue Saint-Vallier de Beau Dommage, celui des Belles Sœurs de Michel Tremblay sur le Plateau Mont-Royal et d’Émile Nelligan enfermé à Saint-Jean-de-Dieu, et celui du Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, où Florentine Lacasse travaille comme serveuse dans un restaurant bas de gamme de Saint-Henri. C’est celui de Josée Yvon, décédée elle aussi trop tôt, de Michel Garneau, longtemps voisin de Leonard Cohen, près du parc des Portugais, de Michèle Lalonde qui me fait pleurer chaque fois que j’entends son Speak White. Et de tant d’autres que je n’ai pas vus ce soir sur le pont Jacques-Cartier tout illuminé de ses mille feux.

Jacques Lanctôt

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Tu es belle comme un béluga

Publié le par la freniere

Un poème de ma petite-fille Éloïse La Frenière

Un poème de ma petite-fille Éloïse La Frenière

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