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prose

Le corps obscur de la lumière

La terre serait meilleure sans la présence de l'homme. À leur corps défendant, les poissons lèchent un ruisseau de pétrole. Les vieux cherchent leurs clefs, mais les nouvelles portes s'ouvrent avec une carte magnétique. C'est l'âme qu'il faut changer,...

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La terre se nourrit d'herbe

Les motos pétaradent. Les moteurs ruminent du carbone. Les vieux enfants se perdent dans les montagnes à sous. Le dollar flotte. La monnaie dégringole. Les parvenues se paient une peau neuve avec le sang des pauvres. Elles font de la surenchère entre...

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Rendre la vie

À Yves Heurté Rendre la vie possible, c'est tendre à l'impossible. Du réel des choses à l'infini verbal, il suffit d'un crayon pour tracer l'inconnu. Il ne faut plus amputer l'amour de ses mots ni la prière de ses gestes. Quand chaque pas est unique,...

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Quelque chose veille (extrait)

J ’écris avec mes pas sur un fond de blancheur, avec les jours aux trousses et les mots en cavale. Le vent soulève sur la page les halètements de l’ombre. Je peux parler avec les faiseurs de pain, les semeurs de graines, les regardeurs d’oiseaux mais...

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Passage en douce

Je songe à ma femme qui est parmi les fruits, les plantes, les oiseaux. Je me réveille à peine et je la sens présente. Je la dispute aux feuilles, aux abeilles, à la neige. Ses bras sont un ruisseau où je plonge mes doigts. La rosée tendrement vient me...

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J'allonge le cou

Je campe sur le dos d'une grosse colline. Elle a l'air d'une tortue qui s'apprête à partir. J'émerge de la tente au matin avec ma tête dépliée comme celle d'une serpentine. J'allonge le cou. Une poudre tombe des ailes des papillons. Elle éclaire mon cahier...

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De la page au cerveau

Réfractaire au genre dominant (le roman), j'écris sans pedigree. Un critique m'a coté zéro à la suite d'un récit. Lorsque je peine à être là, quelques phrases me remplacent. Le cri est une parole qui sort du tunnel. La joie d'être n'est jamais seule....

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Le même âge

Les plaies ouvertes par la mort d’un ami, même les mots du coeur ne peuvent les fermer. Alités sur le gouffre, les rêves au fond de soi, on les regarde vivre au-delà des fenêtres sans pouvoir les toucher. On se tient assis au bord du vide sans pouvoir...

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Dans la poitrine du monde

Lorsque le corps fait corps avec les murs, on y pénètre par plaisir. Les muscles bandent, les yeux se révulsent et les fenêtres se dilatent. Lorsque le coeur est à l'étroit dans la poitrine du monde, on entend battre la chamade et le bruit des fusils....

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L'orage

Le silence des oiseaux est un arc tendu entre deux chants, une corde bandée entre deux cris. La cible d'une oreille se mêle aux autres sens. Je me glisse entre l'ombre et la lumière comme le triton qui nage, un têtard entre les nénuphars et la vase des...

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