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prose

Une solitude à cran d'arrêt

Il en faut du temps pour que le fruit devienne du vin, beaucoup moins pour que l'air devienne du vent. L'avoir nous dispense d'exister, le pouvoir d'aimer et le savoir d'apprendre. L'espoir disparaît avec la réponse. J'aime les questions qui restent ouvertes....

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Avec le fil du rêve

Ce que l'on ignore nous ouvre le chemin. Ce que l'on sait nous emprisonne. Comme on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs, on ne peut pas tout dire sans oublier des mots. Il arrive que l'écriture se fatigue et s'assoit sur le bord d'une chaise,...

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Le morse des lucioles

En ville, je n'existe pas. Je n'ai pas la folie des grandeurs. J'aime les petites choses, les choses trop minimes pour les marchands de rêve. Je me ressource à la campagne, sur le velours des terres, dans le calme du pollen. On y respire sur une échelle...

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Largué dans l'inconnu

Me voici, depuis toujours largué dans l'inconnu malgré le garde-fou du langage. Je suis tellement ailleurs, j'entends à peine crier ma propre chair, pleurer ma descendance. En vieillissant, je gambade moins avec mes jambes et plus avec mes mots. Toute...

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Avec des petits riens

J'ai quitté l'usine très tôt comme un évadé, un déserteur, un galérien sans rame. Déjà qu'à l'école, je m'envolais par la fenêtre et dessinais des bateaux sur le ruisseau des cours. D'un brouillard l'autre, je luciole, j'écureuil, je chevreuil entre les...

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Blanc sur noir

Blanc sur noir, une bande de corneilles sur la neige simule un attroupement d'enfants. Elles vocifèrent et se chamaillent, qui pour une plume, qui pour une miette de pain, qui pour un mot échappé par mégarde. Des nuages passent, d'infiniment petits mêlés...

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Par monts et par mots

Sous le poids de la neige, la terre respire encore. Les choses sont plus difficiles à mettre en mots. C’est plus simple en été. Les contours sont moins flous, la brume plus légère. L’encre ne fige pas dans le tube d’un stylo comme une goutte de mercure...

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La volonté du simple

Sous les bombardements, comment pleurer tant de morts ? Leur âme ne quitte pas le corps. Elle se multiplie dans celle des vivants. Les mères maigrissent à vue d’œil à tant verser de larmes. Elles cherchent leur enfant sous une école en ruine. La précision...

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À coups de majuscules

Je ne veux pas qu’on m’enterre à coups de majuscules. Il y a trop d’hommes qui pissent dans la soupe, qui broient du noir en tuant des peaux-rouges, qui tirent dans le tas sans même tirer la chasse, qui tirent des chèques en blanc aux prophètes de malheur,...

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J'habite le poème

On ne raccommode pas le néant. Il faut détraquer la culture du commerce, le carrousel des mensonges, la machine à sous qui décervelle tout. Le rêve griffe à peine la peau dure du réel. La ville menace l’herbe de sa crasse. L’automne prend les feuilles...

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