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prose

Comme des peaux d'oignon

L’hiver a été dur cette année, frette et blanc. La neige n’a pas cessé de tomber, le thermomètre de baisser jusqu’aux pieds de bas. Dans les maisons renchaussées jusqu’au cou, ceux qui chauffent à l’ancienne ont manqué de bûches à poêle. Les autres ont...

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Quand l'oreille s'efface

Les yeux me sortent de la tête quand je ne veux rien voir. Il n’y a pas de lunettes chez les animaux. Ils voient les choses comme elles sont. L’homme essaie de voir plus loin, du moins celui à qui il arrive de penser. Ne pas mentir ne suffit pas pour...

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La neige fond

L e ciel s’étend tout nu sur les arbres, sa robe de nuit accrochée aux étoiles. Un vent lui fait la cour, un vent de belle force, tout en musculature, la peau fraîche, les doigts comme des agrafes, la poigne d’un bûcheron. Les fleurs se couchent devant...

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Tout revit

La neige fond. La terre et l’eau se sont mis en ménage et font naître partout des rigoles d’enfant. Les bourgeons gonflent pour assavoir les feuilles. Les apostumes des collines laissent baver leur pus. Les oiseaux volent bas pour écouter la terre. Ils...

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Trente ans par jambe

Je ne suis qu’un plombier dans toute cette quincaillerie verbale. Les coudes sur la table, je laisse monter l’eau jusqu’aux gargouilles imaginaires. La bouche me démange comme les gencives d’un loup. La poésie ne tient pas de discours. Elle tient la porte...

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De faux pas en faux pas

I l fait beau aujourd’hui. Les érables se dépouillent du froid. La lippe boudeuse des collines épure l’air ambiant. J’aperçois le sentier saturé de soleil. Je tète les images avec des yeux gloutons. Je cueille d’une main la caresse lente du temps. Je...

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Comme on parle aux arbres

L es enfants du Sahel rêvent qu’il pleut du pain. Un gros américain rote son hamburger. À l’heure du déjeuner, certains mangent des coups et d’autres du bacon. Pendant que les oiseaux avalent le bleu du ciel, les moutons ont une faim de loup. Il ne sert...

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Le bruit et la fureur

J e fuis le bruit et la fureur. On est vraiment soi-même quand on s’éloigne des autres. J’avance très lentement. Je m’attarde des heures à poursuivre un insecte. Je me perds et me trouve dans la vie d’un brin d’herbe. La vitesse n’est que le temps qui...

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Le cul de la tête

On reconnaît le cul de la tête, mais on ne sait plus faire l’amour. On a tous un portable, mais on ne sait plus parler. On se noie dans le bruit sans apprendre à nager. Pour ceux qui meurent de trop manger, d’autres survivent à peine avec les restes qui...

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Un vers de quatre sous

La poésie s’habille de pauvreté. Lorsqu’il est gorgé d’humain, un vers de quatre sous peut coûter cher de vie. Il faut tremper les sens dans un bain de bonté, donner de l’homme à l’appétit des mots. Il ne faut pas confondre la fleur avec le vase, les...

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