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prose

Des mains de mendiant

Enfant, j’ai tant joué à mourir. J’en ai pris mon parti. Ce n’est pas la mort qui me révolte mais ce qu’on fait de la vie. Dans l’immense avoir du monde se cachent des mains de mendiant. Le mot nuage glisse une larme dans la phrase. Un verbe la ramasse...

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Les fruits de cave

La neige continue à tomber. J’aime sa persévérance muette, son épaisseur montante. Je dis merci pour la lumière. À défaut de foi, j’ai la louange facile. À côtoyer le givre, je comprends mieux l’été. La vraie beauté, on ne peut pas la désigner. Il faut...

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Avec son pesant d'homme

Il n’y a pas que l’homme. Il y a plus qu’un être humain. La moindre feuille, la rondeur d’une goutte, celle du grain de sable, le nuage, la pluie, l’œil bleu d’une agate, un tout petit bout de phrase sont la conscience du monde. Je ne suis qu’un homme...

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Une ficelle à toupie

Pauvre enfants dépouillés de leur peau, la cour d’école est clôturée par les paroles des marchands. Il n’y a plus de Cheyennes derrière la colline mais des écrans géants. Plantés dans leurs certitudes, les adultes désapprennent l’innocence des choses....

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Avec une patte blessée

Malgré ma grammaire bancale, mes vers de mirliton, mes phrases inachevées, mes cris à quatre pattes, ma douleur debout, j’écris mieux que je suis. Au bord d’exister, j’essaie d’en approcher. Je vis à pas de loup, l’œil aux aguets, les oreilles dans le...

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Le cours des choses

On prépare au nom de la rentabilité un consensus d’ignorants. À force de se faire faire la peau, on n’a plus que les os. On n’a plus que les mots pour goûter à la vie. Lorsqu’ils deviennent des sous, les hommes des tirelires, ils ne disent plus rien....

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Des pissenlits en pot

On a remplacé la lune par la télévision, les actes archaïques par une parabole. À défaut de voyance, je suis toujours celui qui cherche ses lunettes. J’invite le soleil au milieu de la nuit, l’eau cachée des pierres au centre du désert, une écriture de...

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Les vêtements du jazz

Le soleil s’est brûlé parmi les édifices aux fenêtres aveugles. Je ne suis pas sensible aux courbes érectiles de la Bourse, aux codes barres, aux horaires. J’ai meublé ma tête avec un mobilier mental glané au dépotoir, poèmes anciens, latin d’église,...

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L'âme du vent

J’écoute l’âme du vent cogner contre le toit. Montant les phrases à cru, je galope du cœur. Je deviens un tilleul, une source, un chevreuil. Les fleurs agenouillées se lèvent et se donnent au soleil. Les branches tendent leurs fruits à la bouche de l’air....

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Dans ma tête

Qu’est-ce qui se passe dans ma tête ? Ça sonne creux ou bien trop lourd. Les neurones s’emballent ou restent cois. Ça fait tilt entre mes deux oreilles. J’ai un flipper dans la tête. Des billes roulent sans arrêt. Des bielles coulent entre les nerfs tordus...

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