Une flamme de braise
à Didier Manyach, poète éprouvant
Je fais corps avec la langue
la sale langue
à broyer du noir à écraser des craies
la langue cruelle
où s'engluer se dissoudre
la langue intime
au bord du vide
qui limace à flanc de pierre
et qui bave
Je voyage à travers
les méandres du ciel
contre le socle des montagnes
j'accompagne certaines nuits
des oiseaux aux ailes coupées
jusqu'au coeur de la forêt incendiée
où des étoiles pourpres rayonnent
comme des crânes potentiels
parmi les ruines d'un château écroulé
Mais la langue bat le rappel
entre les douces dents de l'aube
il faudrait alors s'attendre
à l'extinction des feux de la nuit
à tout ce qui nous faisait rêver
il faudrait aller jusqu'au bout
de cette phrase inachevée
que la langue expire
avec des gestes d'orage et de foudre.
La Colle s/ Loup, le 5 mai 2016