Comme la petite seiche
Publicité
Comme la petite seiche jette son encre, fragile parade, écrire l’extrême de l’expérience
pour tromper la mort — cache-cache indécent peut-être et pourtant pudeur du partage avec
ceux qui sont touchés par la maladie, et ceux qui l’ignorent
— sauvegarde partielle et
dérisoire.
Revendiquer, pied à pied, terme à terme, cette humanité qui vacille et pourtant
qui résiste, me semble par-delà l’effeuillage absolu, une douceur octroyée, une irruption de conscience.
L’encre jetée, la limpidité revient…
Nous nous baignons dans la même mer.
Nous respirons le même air et le tissu de nos songes n’est pas si différent !
Les larmes n’ont-elles pas toujours ce goût salé à travers l’univers ?
Sylvie Brès
