Solaire
Tes pinceaux se sont tus. Le cri du silence remplace tes couleurs. Sur la mémoire des lieux passe l'ombre de paysans, paysages, bouquets, marines, et cette femme déclinée tant de fois. Solaire tu peignais. Solaire tu étais. Fulgurant, flamboyant, unissant la chair et l'âme du vivant. Des couleurs primaires, tu créais tout le reste. Sec, précis, tu moulinais l'espace, conviais l'harmonie. Tes gestes respirent encore entre le blanc des murs et ta palette muette. La vie trébuche mais dans le vide de ton atelier, ta jubilation demeure. J'entends toujours ta voix en allée. Et ton amour. Et ton exactitude.
Ile Eniger
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