Les mariages d'oiseaux
Il y a de moins en moins de mariages d’oiseaux
sur les fils électriques.
Il y a de moins en moins de vieux paysans,
de plus en plus de jeunes hommes d’affaires
stérilisant la terre avec des pesticides.
Les rats de champs s’habillent comme les rats des villes.
Mes pieds ont déserté le béton
et j’ai du foin dans mes souliers.
En m’éloignant des néons,
je pensais penser comme un paysan,
mais je rêve en poète.
Il pousse sur ma joue
le sainfoin d’une barbe.
La grammaire reprise le vieux paletot des phrases.
La vie s’habille dans un costume de saison.
Le manteau bleu du ciel n’est pas rongé de mites,
mais du vol des oiseaux.
La casquette des montagnes les protège du froid.
Chaque nuit décroche un paysage de la patère du rêve.
On oublie ce qu’on met dans la remise du passé
Les mots y dorment parmi les vieux outils.
J’entends le bruit du temps
comme une bête qui remue.
J’apprends à vivre comme on apprend sa langue.
Jean-Marc La Frenière