La vie ment
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La vie ment inimitablement :
au-delà de l’attente, au-delà du mensonge…
Mais au tremblement de toutes les veines
tu peux reconnaître la vie !
Comme couchée dans l’orge : une cloche, l’azur…
(Comment ! couchée dans le mensonge !) - la chaleur, le mur...
Bredouillement, à travers le chèvrefeuille, de cent dards…
Réjouis-toi donc ! - Il appelle !
Et ne me reproche rien, mon ami.
Nos âmes sont ensorcelées dans
nos corps, et déjà le front s’égare dans le rêve.
Car - pourquoi as-tu chanté ?
Dans le livre blanc de tes silences,
dans l’argile sauvage de tes « oui » -
j’incline doucement la fondrière du front :
car ma paume est la vie.
Marina Tsvetaïeva
Comment ça va la vie ?, © Jean Michel Place, 2002
Traduction de Henri Deluy
