Yves Broussard
Cet homme souriant est un poète méditerranéen d'expression française qui cultive « l'art du peu », qui manifeste « une sagesse, une honnêteté, une droiture peu communes ». (D. Leuwers)
« Au confluent d'une admirable exigence et d'une lisibilité parfaites, l'œuvre d'yves Broussard devrait pouvoir réconcilier ces deux éléments d'une même quête, en apparence au moins inconciliable, le créateur et son public. » (J. Lovichi)
« Veilleur impénitent, scrutateur inspiré d'un univers criblé de signes énigmatiques qu'il s'efforce de déchiffrer pour nous, il assigne au poème la fonction de dévoiler, au-delà du visible, le sens caché des choses. » (B. Mazo)
« Sa poésie est depuis toujours faite de retenue, de lent consentement à la parole, comme si la pose du mot, la métrique du vers, la coupe de la strophe, résultaient d'un long travail intérieur, d'un creusement secret, dont ne serait livrée que la trace essentielle, dans l'économie de la matière et de ses effets. » (J.-M. Tixier)
« Dans l'ensemble, Yves Broussard est un poète des hauteurs, et ce mot doit être entendu au sens physique et métaphysique. » (A. Ughetto)
Les plus beaux poèmes pour la paix, Le Cherche midi, 2005, Anthologie
La nuit tremblée, Le Taillis Pré, 2002
Pauvreté essentielle, suivi de disgressions, éd. Autre temps, 2001
Le bestiaire insoupçonné, Le taillis Pré, 2001
Héritier du temps, Éd. des Moines
Passant obstiné, Éd. Autre Temps
Grand angle (poésie 1960-1990), Le Taillis Pré
La vie interprétée, Talus d'approche, Prix Vildrac (Société des Gens de Lettres) 1997
Habitant la Terre, Éd. des Moires
Pauvreté essentielle, L'Arbre à paroles
Sous le vif de l'être, Le Taillis Pré
Esquisses pour un autre lieu, SUD, Prix Mondor (Académie française) 1991
Nourrir le feu, SUD, Prix Apollinaire 1987
Traversée de l'inexorable, SUD, Prix Artaud 1983
Commune mesure, P.j. Oswald
En robe azurée
l'étrangère
de l'infini égrugé
Dans la nécessité du cri
D'un revers de la main
feindre d'écarter toute angoisse
de survivance dans la fugacité
Palingénésies
Dans l’âtre enfumé
les braises explosent
sporadiquement
Ainsi font les étoiles
à l’extrême du Tout
cependant
qu’alentour
en ordre discontinu
des insectes
s’ingénient
à arpenter le monde
De l’éternité à l’éphémère
le papillon bascule
inexorablement
Alternance ou rupture ?
Dans la perspective du vallon
rien n’est dit
que la cruauté du rapace-temps
Plus loin
le souffle accompagne
la montée de toutes choses
Il n’est point d’heure inscrite
en ce matin d’été
Seuls
quelques signes
invitent à la sublimation
de l’instant
Cette rose
unique en l’espace
flou
défie le temps
et ses origines
A ses pieds
quelques pétales
restés là
pour marquer
son infinie
grandeur
Être
à l'écoute du temps
dans l'alliance parfaite
de l'éphémère
et de la transparence
qui fonde
le non-dit
Yves Broussard