Jean Lebrau
Né à Moux, le 20 Octobre 1891, décédé en 1983 à Moux. Dans sa jeunesse, il rencontra très tôt Henri Bataille, lorsqu'il publie en 1914 son premier recueil de poésies, Henri Bataille écrit dans sa préface "Ainsi donc, c'est vrai, dans ce petit village de Moux, dans ce village perdu au milieu des vignes arides, en cette sorte de Palestine romantique, une nouvelle petite lumière s'est allumée, une lampe de poéte".Grand Prix de poésie de l'Académie Française en 1968, de nombreuses fois lauréat, mais préférant les chemins et les pentes de l'Alaric aux cercles Parisiens, il passa à côté de la notoriété. Son oeuvre demeure, ses poésies tout d'abord, courtes, fortes, chaque mot, chaque espace donne ce rythme si proche d'une bossa nova, "portée par le vent, les cyprès, l'asphodéle, la fille au cheveux noirs, et le ciel, et le dieu qui ronge sa colère, comme dans un éclair, le village, et le mur, qui attend cet espoir". Mais son oeuvre majeure reste la prose. Qui a pu décrire un paysage du Midi comme il le fit, ce pays où l'ombre est un besoin, ce pays où le soleil chauffe les pierres, ou les cyprès sont des cathédrales d'une spiritualité faite de méditation et de contemplation. Il allait, frêle silhouette portée par le vent sur les pentes de l'Aric, par le chemin de la Trésetto comme d'autres vont sur le chemin de Damas. Son exercice sur le Maneken Piss offert aux Mouxois, fruit du jumellage de Moux avec les Carabiniers de Bruxelles, réfugiés pendant la guerre est un modèle du genre. L’œuvre de Jean Lebrau comprend plusieurs dizaines de recueils de poèmes et un ensemble de textes en prose à la résonance autobiographique. Elle a reçu de nombreuses récompenses prestigieuses dont le Grand Prix de l’Académie Française. Publié à plusieurs reprises chez Gallimard, chroniqueur à la Nouvelle Revue Française, aux Lettres Françaises, aux Nouvelle Littéraires...Jean Lebrau, tout en affirmant la force d’une identité plongeant ses racines dans le double paysage essentiel des Corbières et du Béarn, a su dépasser, dans la diversité des chemins d’écriture, un provincialisme désuet au profit d’une transfiguration du réel qui lui à valut l’administration aussi bien de Louis Aragon, de Jean Paulhan et de Joë Bousquet que de Paul Valéry.
L'humble levée - La voix de là bas (Crès 1914) - Le Cyprès et la cabane (Le Divan 1922)- Le Ciel et la garrigue 1924 Prix de la Pléiade- Témoignage 1925 Prix de l'Académie Française- Couleur de vigne et d'olivier 1929- Béarn 1931- Poémes du Cabardès 1941-La rumeur des Pins (Garnier) Sous le signe d'octobre (1943) Prix de l'Académie Française-Impasse du romarin (Gallimard 1953) -Corbières (Gallimard 1959)- Au secret des pierres (Gallimard 1962)-Du cyprès tourne l'ombre (Aubanel 1966)- Abeille au Buis -Au vent du soir (Aubanel 1968) Jour après jour (Rougerie 1972)- Grand Prix de Poésie de l'Académie Française 1968-
Images de Moux (le Divan 1926)- Images de l'Aude (1934-HG Peyre) Au pays qui te ressemble (1943) Ceux du Languedoc( Horizons de France 1946) Ce pays où l'ombre est un besoin (Dehan 1950) Prix de l'Académie Française-Diurnal I(Subervie 1967) Prix du journal intime - Diurnal II (Rougerie 1971)
| Il y a un parc Jean Lebrau dans l’Aude où se tiennent des nuits de la poésie :www.piemont-alaric.fr/site/article.php3 |
Des Pierres où le vent se pose
Et des Cyprès qui font silence
Un fil brillant qui se balance
La fleur des garrigues est rose
Villages gris, villages fauves
Où le mirage d'un peu d'eau
Ne fait qu'altérer le troupeau
La fleur rose est la soeur des mauves
Fontcouverte où grimpent les chèvres,
Moux sous un mont couleur de mûre
Qui de sson ombre en vain l'azure...
La fleur rose est la fleur des fièvres. ...
Du cyprès tourne l'ombre- Aubanel 1966