Planète provisoire
La mort a la brutalité du flash
Sommes-nous les derniers de la race
Le ciel est plein d'insultes : «Yankees go home»
«péril jaune péril rouge». La saison est lâche
Partirons-nouys bientôt sans laisser de traces
La planète crispée attend le baptême de l'atome
Sommes-nous les derniers amoureux
des forêts vierges des volcans des cobras
des champs de tournesols bêchés par les rats
des banquises polaires qui de plus en plus souvent prennent feu
Nos mots marient encore la foudre à la prairie
allument des fêtes dans les ténèbres des cavernes
Mais qui dira la lèpre du sommeil et la lune qui pourrit
lentement au-dessus des eaux empoisonnées des citernes
Je crois que nous sommes les derniers de la race
Demain les dinosaures arpenteront les boulevards
Au sommet de l'Himalaya fumeront les ruines de Caracas
On entendra piailler les grandes singes bleus de la préhistoire.
André Laude