Icare (Québec)

Publié le par la freniere


Il arrivait à s'en bûcher une

de temps en temps

il se brûlait souvent les ailes

comme jadis Icare

crissait le camp

en bas de son flat-car

à cent milles à l'heure

à rebrousse-cœur


on le ramassait à la cuillère à thé

dans les accotements d'autoroute

il avait souvent l'air d'un tapis

comme on en voit l'hiver

aux portes des maisons

welcome-bienvenue

que n'êtes-vous revenue


ah comme j'aimerais ramper jusqu'à vous

Néfertari Néfertari Néfertari morne noune

je ne serai rien de plus qu'un artefact

            un débris d'histoire

            un moellon de muraille

            dans la poussière du pays

que je penserai encore à vous

que je me traînerai encore jusqu'à vous

comme le chevreuil mourant

galope en vain dans le vide

dans des effluves de trente-trente

et de sang chaud


Gérald Godin

 


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Publié dans Poésie du monde

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