Autour d'écrire

Publié le par la freniere

du trop beau qui était tout d’abord le fond du questionnement de C.C., et comme si la question m’avait pénétrée je me mis en quête de… sauf que cherchant beau et trop beau – comment pourrais-je sacrifier le grand cerf de la forêt, sa biche ou son faon? – je cherchai alors ce qui était trop, le surfait, et entrai dans cette lecture pour tout scanner… seulement je perdis alors le goût à tout, je perdis même le goût des chairs étranges. n’avais-je pas écris la laideur, l’horreur la mort le cri et les armes de la parole, n’avais-je pas déjà débridé les peaux brûlées, des nécroses, et lavé des plaies (les ailes closes)? m’étais-je trompée? …au point de m’enfouir dans mes forêts comme si tout ce qui restait n’était que tissus cicatriciel..? …cinq ans de forêt. de forêt intérieure, intime… pour comprendre que l’aspect qui m’est important est le libre-sauvage, et le retrouver. le retrouver sans en connaître la forme, je veux dire sans savoir aucun. dans quel aspect se présenterait-il ? ni la biche ni le renard, ni aucune créature; ni la tige ni la fleur, aucune plante. rien n’arrivait à me le figurer … que l’ensemble. et la question du trop beau me revenait sans cesse – est-ce? est-ce véritablement? – trop lisse, trop mesuré, trop compté, trop esthétique, trop musique?… je perdis tout goût pour écrire. sans comprendre. et je restai avec l’idée que ce trop beau (comme nos morts embaumés) ne résidait en fait que dans l’immobilité.

 

Catrine Godin

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Publié dans Poésie du monde

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