Autrefois
Autrefois je marchais dans les rues de Marseille
Avec AUDISIO avant d'avoir vingt ans ;
Nous bâtissions le monde et disions des poèmes
À haute voix jusqu'à trois heures du matin,
Nous étions suivis par des agents de police
Nous n'avions pas de sous pour entrer dans les bars.
Nous étions les amis des mâts et des platanes,
Des kiosques à journaux qui s'endorment debout,
Des fontaines perdues ; parfois sur notre route,
Signalées sous les feux des fanaux, rouge et vert,
Des pharmacies nous dépassaient par le travers.
Rien ne nous était dû, tout nous était promis ;
Par les recoupements des ruelles sordides
Où nous errions chargés de nos rêves trop lourds
Navigateurs perdus dans une étrange ville
Nous finissions toujours par retrouver le port.
Louis Brauquier