Chanson pour Jack
Oublie jamais, brother, que c’est à Lowell, Mass,
que chus né, loin des miens, dans ma vaste country.
I don’t go more often than you’self to the mass
mais Fortier prend un coup solide tous les samedis.
Oublie jamais, brother, que c’est à Lowell, Mass.
Refrain:
Chus né à Lowell, Lowell, Mass,
chus né Canayen, well, well,
j’ai aimé en démon nostalgique et rêvant
sur la terre de Lovecraft, des GIs, de l’argent:
chus né à Lowell, c’est bad, c’est well,
chus né à Lowell, well, well.
Moé ch’parle un français aussi vieux qu’la France
mais la France a parle pus le français d’ses péres.
Le roé Saint-Louis est pus le grand roé de la France
pis quand j’vas là-bas leur langue m’exaspère.
Moé je parle un français aussi vieux que la France.
Refrain.
Dans quarante-sept états de l’American Dream
le divin Jack Kerouac est passé comme un feu.
Il avait un message de tendresse à livrer,
des visions à transcrire, des amis, des amours.
Dans quarante-sept états de l’American Dream.
Refrain.
Kerouac a voyagé avec Jack par le monde
en Afrique, Amérique, et jusqu’au fond de l’âme.
Il a écrit seize livres en un long coup de rame.
Son beau vaisseau celtique fendait le Pacifique.
Kerouac a voyagé avec Jack par le monde.
Refrain.
Kerouac a quarante-cinq, mais Jack, lui, en a vingt.
Il séjourne à Lowell depuis janvier dernier.
De sa mère il prend soin, écrit pour la télé
et plonge dans sa vie antérieure, son passé.
Kerouac a quarante-cinq, oui, mais Jack en a vingt.
Refrain.
Nous irons tous au ciel, c’est Jack qui l’a écrit
dans The Scripture of the Golden Eternity.
Nous irons tous au ciel mais Satan excepté
et personne, non, personne sera jamais maudit.
Nous irons tous au ciel grâce à Jack, il l’a dit.
Refrain.
Et j’avais aussi écrit ce qui suit, de la même manière, dans le même esprit:
Carbonneau, à Lowell, m’a retenu à sa table.
Restez-donc, moé j’aime ça parler du Canada.
Son vieil ami Déry lit toujours La Patrie.
Les enfants parlent pus le français par icitte.
Carbonneau, à Lowell, m’a retenu à sa table.
Refrain:
Chus né à Lowell, Lowell, Mass,
chus né damned canuck à Lowell, yeah,
chus né à Lowell, damned canuck, oh yeah.
Y sont v’nus du Québec vers l’année 1900.
Y cherchaient, comme tout l’monde, le bonheur du Bon Dieu.
Y voulaient manger, vivre, pis gagner d’l'argent,
y voulaient des enfants citoyens pis vaillants.
Y sont v’nus du Québec vers l’année 1900.
Refrain.
À Lowell y venaient travailler au coton.
Dans toutes les filatures les Canayens trimaient
à six piasses par semaine, y gagnaient leur crouton.
Fermiers pauvres mais dignes, y z’aimaient é chansons.
À Lowell y venaient travailler au coton.
Refrain.