Comme le vent dans les branches

Publié le par la freniere

Je regarde filer les bordures les arches
le tracé des lumières
rouges ou blanches, joyaux pour orner la pénombre
longs serpents dans le passage en double sens.
La porte inventée entre les collines, comme deux épaules de terre
les arbres, les buissons graphiques en ombres portées
dans la pluvieuse nuit d’automne

 

et la traîne de peur qu’on laisse glisser, en triangle derrière soi.

 

Tout soudain me semble simple
le vent les branches, l’encre du soir
des arbres et des lisières où le temps s’aligne ;
dans le fleuve chaud du voyage tout parle à mi-voix
une langue qu’on n’apprend nulle part.

 

Je ne suis là finalement que pour te dire
ces arbres noirs contre un ciel d’ardoise
cette porte sans montant ni seuil
et ce que je vois en cet instant tranquille
laissant défiler Une beauté-qui-ne-peut-se-dire.

 

Je suis là pour décrire, ou juste voir
la porte, le double collier lumineux, les arbres
qui pour toi rappellent l’histoire, s’exclament
sans mot ni bruit. Ecrivent de leurs grandes branches, leurs cimes
de chaque feuille trempée dans le soir glacé,
cette frange où s’éteint la lumière.

 

Et moi je suis morte je suis parfaite
je suis un duo de phares
rouges dans un collier qui glisse.
Je glisse et coule et je Vais
là où je vais.

 

Claire Ceira

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Publié dans Poésie du monde

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