Ils ont dit
Walter Benjamin disait : L’espoir nous sera rendu par ceux qui l’on perdu. Donc, vraiment, c’est à l’infini. Je crois à ce désespoir-là, c’est-à-dire celui qui, au lieu de vous ligoter, de vous contraindre et de vous assujettir, de vous rendre esclave, de vous asservir vraiment, vous force à lutter, mais avec une énergie décuplée par la lucidité devant l’ampleur du mal. Vous savez, il y a des gens que je n’aime pas trop, ce sont les cyniques. Mais il n’y a pas seulement ceux qu’on pourrait désigner par l’expression cynisme hard, dur, évident, vulgaire ; la vulgarité et le cynisme font d’ailleurs bon ménage. Il y a aussi un cynisme soft, mou : c’est la bonne conscience ; la bonne conscience de ceux qui, en minimisant le mal, versent dans l’angélisme. Ils tâchent d’effacer les aspérités du réel et s’enferment commodément dans un espèce de monstrueux égoisme.
Pierre Mertens