Le coeur de la terre

Publié le par la freniere

 

J’ai arraché le cœur de la terre

Les mains meurtries par ses veines blondes

Ses rondeurs dissimulées en larges sourires de chair

J’ai cru pouvoir me mesurer

A ces forces immobiles et accueillantes

Intemporelles et sacrées

Fracture de sable écorchée

J’ai écarté les paupières lisses et lourdes

Du regard de la terre

Pour y voir une image éphémère

De notre incomplétude

Le fond des océans reste résolument calme

Des odeurs de terre après l’orage

Envahissaient l’air que je respirais

Des odeurs de miel d’herbe lasse

Se mêlaient à celle des cahiers de mon enfance

Et du pain d’épice beurré

De goûters interminablement longs

Qui annonçaient la veillée

L’onglée me montait aux oreilles

Comme un mauvais rêve, un frisson maladif de l’hiver

Et nous révèle notre vulnérabilité

La pierre brillait entre mes doigts

Palpitante

Cœur ouvert aux lèvres des anges

 

Jean-Luc Gastecelle

 

 

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Publié dans Poésie du monde

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