Le jour et l'heure

Publié le par la freniere

Ça y est : tout se met à s’ébrouer, à remuer dans tous les sens, à piailler, roucouler, aboyer. Les papillons blancs ont achevé leur manœuvre d’investissement. Sortis l’un après l’autre d’on ne sait trop où, les voilà qui prolifèrent, tandis que la nuée des moucherons s’est mystérieusement dissipée.

 

Les mésanges s’adressent de vibrants appels, soutenus en continuo par le grave des tourterelles, tandis que la brève cymbale des braques auvergnats de Michel ponctue cette ébauche de symphonie pastorale.

 

Le ciel lui-même, dans son bel uniforme bleu pâle, semble se joindre à l’unisson et chanter, comme chantent aussi le silence ambiant et l’ombre qui berce les murs de sa brise légère.

 

Une heure aura suffit, et le matin s’est élargi en matinée. La durée s’est installée, avec ce bel enchaînement de moments-clés, qui nous achemineront posément vers les premières étoiles lorsque, ce soir, les paupières de l’univers se fermeront sur les beaux yeux du monde.

 

Gil Jouanard

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Publié dans Poésie du monde

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