Le monde tourne seul
Il n’y a pas de Dieu,
pas de chef d’orchestre,
pas de metteur en scène,
le monde tourne seul,
la pièce se joue toute seule,
et si quelqu’un
laisse tomber son violon
et que son cœur s’arrête,
jamais l’homme et la mort
ne se rencontreront - derrière la vitre
il n’y a rien, l’au-delà est un miroir
dans lequel ma peur me regarde en face
avec ses grands yeux,
et derrière cette peur,
si l’on regarde mieux,
il y a l’herbe et les pommiers, et le tournesol,
qui peu à peu se tourne vers le soleil
sans Dieu, sans chef d’orchestre, sans metteur en scène.
Jaan Klapinski
traduit de l’estonien par Antoine Chalvin
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