Le Quatuor du Jazz Libre du Québec

Publié le par la freniere

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LE QUATUOR DE JAZZ LIBRE DU QUÉBEC : 1973

Avant d’être musicien, je suis révolutionnaire. Au lieu d’avoir une mitraillette, j’ai une trompette. Aux autres, je prêche la liberté en disant : jouez libre, vous aussi. – Yves Charbonneau

Le jazz libre fait partie de ces efforts de l’homme moderne pour résister à l’embrigadement, à l’esclavage de la machine, à la standardisation. Et, comme expérience de communication entre êtres humains, problème bien contemporain, il mérite d’être joué et écouté. – Jean Préfontaine

Formé en 1967, le Quatuor de jazz libre du Québec (QJLQ) s’impose très rapidement dans le paysage culturel du Québec post-Révolution tranquille. Beaucoup plus qu’un levier qui permet de sortir la chanson québécoise de sa torpeur, ce collectif de musiciens est un des rares groupes de l’époque qui remet en question les carcans musicaux dans lesquels le Québec s’enferme. Entre 1967 et 1970, le QJLQ collabore avec de nombreux artistes dont Louise Forestier, Robert Charlebois et l’Infonie. Il s’affaire aussi à mettre en place des structures qui visent à encourager l’expérimentation et la révolte constructive. En 1970, le QJLQ établie une colonie artistique à Val-David. Il acquiert aussi une ferme – le Petit Québec libre – dans le but d’offrir aux artistes et aux activistes qu’il côtoie un lieu communal pour échanger et discuter. Le tournant de la décennie est l’occasion pour le QJLQ de se radicaliser. Sa musique devient de plus en plus libre et son langage musical s’éloigne progressivement du free jazz de manière à se rapprocher de la musique d’avant-garde contemporaine. En 1973, le QJLQ est déjà beaucoup plus qu’une simple « bombe jazzée québécoise. » Jugez-en par vous-même en écoutant les extraits ci-dessous.

Cette session inédite a été enregistrée au Studio 13 de Radio-Canada le 13 mai 1973.

 

Éric Filion

 

à écouter:

 

Sans titre

 

Une minute de silence

 

Studio 13

 

Les retrouvailles

 


Jean Préfontaine : Saxophone ténor et flute
Yves Charbonneau : Trompette de poche
Jean-Guy Poirier : Batterie
Yves Bouliane : Contrebasse

 

 

Derrière l'Osstidcho et plusieurs grands albums, il y a eu le Quatuor de jazz libre du Québec. Voici un bref historique de ce groupe resté trop longtemps dans l'ombre.

Actif de 1967 de 1974, le Quatuor de Jazz Libre du Québec est considéré comme le premier groupe de "Free Jazz" ou "Musique Actuelle" au Québec. Mais ce groupe à été connu sous différents noms durant son existence:

-Le QUATUOR de Jazz libre du Québec (l'album du groupe 1968)
-Le Quatuor du NOUVEAU Jazz libre du Québec (Charlebois 1968 & Forestier 1969)
-Le ROCK libre du Québec (45t "tout écartillé" de Charlebois 1969)
-Le JAZZ LIBRE du Québec (accompagnant Raoul Duguay: Poême et chants de la résistance vol.2 1970)

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Sur ce disque on comptait alors Yves Charbonneau (Trompette), Jean Préfontaine (Sax Ténor), Maurice C. Richard (Contrebasse), Guy Thouin (Percussion) et Pierre Nadeau (au Piano) fut "invité". Remarquez qu'à l'endos de l'album le nom du groupe est plus long. Les mots "du nouveau" sont rajoutés.

 

télécharger l'album au complet

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Sur le deuxième album de Louise Forestier, le Quatuor est composé de Maurice C. Richard (Contrebasse), Guy Thouin (Percussion) mais aussi de Jacques Perron (piano orgue) et Michel Robidoux (guitare).

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Sur l'album "Les Alexandrins... et le double jeu" le Quatuor est un trio composé de Maurice C. Richard (Contrebasse), Guy Thouin (Percussion) et Jacques Perron (piano orgue)

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Sur l'album non musical d'Yvon Deschamps "Les Unions qu'ossa donne", le Quatuor est ironiquement à sont maximum (6 musiciens): Yves Charbonneau (Trompette), Jean Préfontaine (Sax Ténor), Maurice C. Richard (Contrebasse), Guy Thouin (Percussion), Jacques Perron (piano orgue) et Michel Robidoux (guitare).

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Sur l'album Lindberg de Charlebois, les musiciens ne sont pas identifié mais je soupçonne Charlebois (et probablement l'Osstidshow) d'avoir eu la formation maximal comme pour Deschamps.

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Sur l'album "Tsordaffaires" de Jean-Guy Moreau, aucuns des mots: "Quatuor-de-Jazz-libre-du-Québec" n'est inscrit et pourtant dans la liste de musiciens le Jazz libre y est en Quatuor mais en version différente de celles de leur album: Maurice C. Richard (Contrebasse), Guy Thouin (Percussion), Jacques Perron (piano orgue) et Michel Robidoux (guitare).

 

Il existe aussi des trames sonores de 2 autres films de l'ONF en 1969

 

...Et pourquoi pas?
François Séguillon, 1969

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Tout le temps, tout le temps, tout le temps...?
Fernand Dansereau, 1969

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Après l'Osstidcho, à partir de 1970, les choses on changé pour le groupe. Il y eu une rotation du personnelle. Certains membre du groupe on joint les rangs de l'infonie (Guy Thouin). Il sera remplacer par, notamment, Jean-Guy Poirier (1972-73) puis Mathieu Léger (73-74). 

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En 1974 le groupe fit la trame sonore du film "Claude Gauvreau - Poète" pour l'ONF (signataire du célèbre manifeste "le refus global" 1948, Gauvreau s'était suicidé trois ans plus tôt). Étrange coïncidence ou non, c'est tout de même fascinant que le choix d'un groupe de "Jazz Libre" pour une bande son d'un film sur un poète automatiste. Qu'est ce que le "free jazz" sinon de l'automatisme musicale ?

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Publié dans Les marcheurs de rêve

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