Les éoliennes géantes ne sont pas écologiques
La crise que nous connaissons, celle qui n’arrête pas ses soubresauts depuis des décennies, n'est rien comparée aux événements irréversibles qui arriveront sous peu: réchauffement climatique, épuisement des nappes phréatiques, pollutions multiples et grandissantes, etc.
Parviendra-t-on à ce décalage entre la base écononomique et l’expansion militaire, l’un des principaux facteurs du déclin de grands empires? À voir comment l’écononomie des États Unis d’Amérique est en perte de vitesse tout en observant une augmentation exponentielle de ses dépenses militaires faut-il croire que cette grande puissance est condamnée est condamnée à sombrer et à devenir très faible comme le démontre l’historier Paul Kennedy?
Le capitalisme est inapte et incapable d'apporter des solutions. Il se plait cependant à transformer les problèmes en instruments de profits profitant que les organisations éthiques ont renoncées à tous les moyens de l'en empêcher.
Si nous continuons l'Histoire telle que ces protagonistes dominants la définissent aujourd'hui, nous allons droit à une barbarie permettant à l’intolérable d’être toléré, puis de devenir la norme et puis de passer inaperçu.
Il est dans la nature du capitalisme d'exploiter toutes les opportunités et la croissance verte en est une.
Une date importante. Le 2 décembre 2007, lors d’une Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (NUSA DUA), voilà comment une structure d’encadrement explique aux politiques réunis pour cette occasion comment la protection de l'environnement doit et va devenir une BUSINESS:
" Je vous appelle à vous doter d'outils propres à réduire les émissions de manière rentable et à permettre la croissance économique." (Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Conférence 3-12-2007)
Il y a fort à parier que les conséquences visées n’étaient pas un ralentissement, mais laissaient entrevoir la mise en place de programmes et outils paradoxalement à l’encontre du crédo de la nouvelle religion de lutter contre le réchauffement de la planète.
Le développement au début du 20 ième siècle
Il faut rappeler ici comment cela se passait au début du siècle dernier(le 20ième) pour attirer ici des développeurs pour nos ressources naturelles et l’exploitation de la main d’oeuvre captive et docile.
Les gouvernements de l’époque dont la meilleure représentation est celui de Louis-Alexandre Taschereau (1920-1936) publiait à travers le monde des publicités et éditaient des répertoires décrivant les sites disponibles et à donner en exploitation conditionnellement pour le développeur intéressé à investir pour aménager les installations d’exploitation de la ressource, barrages et réservoirs pour ce qui est de l’hydro-électricité et construire des usines de traitement et/ou de transformation primaire. En contre-partie les gouvernements permettaient l’exploitation de la ressource, espéraient l’utilisation de la main d’oeuvre locale. Quant aux redevances pour l’utilisation des ressources elles étaient presque nulles sinon très minimales et pour la plupart encadré par des ententes secrètes.
Qui n’a pas en mémoire le fer du Nord du Québec cédé par Duplessis à 1 cenne la tonne? Par contre, qui peut se vanter de connaître le contenu des ententes concernant l’utilisation des forces hydrauliques enchâssées par le Bail de la Péribonka, renouvelée en 2007 jusqu’en 2057?
Pour le Saguenay-Lac-St-Jean cela a donné à l’Alcan un avantage économique exceptionnel sur le marché de l’Aluminium. Nulle part ailleurs sur la Planète on ne peut produire un métal de même qualité à un tarif comparable, même dans les pays où les coûts pour la main d’oeuvre sont négligeables.
Mais donnons à César ce qui lui revient. L’Alcan a quand même relevé sa part du contrat: aménagement, installations, usines, emplois, en contre-partie de profits importants, d’actifs mirobolants, de droits juteux.
Pour les autres régions le travail est à faire.
Aujourd’hui, l’orthodoxie capitaliste nous demanderait de regarder se mettre en place les projets de ceux qui veulent perpétuer le développement par la spoliation des droits des citoyens pour se positionner dans la course à l’exploitation des ressources énergétiques.
Peut-on penser autrement l'impératif de RELANCER LA CROISSANCE? Doit-on utiliser le même schéma, les mêmes aspirations qu’au début du 20ième siècle?
Faut-il d’ailleurs absolument penser croissance ou se rallier à ceux qui pensent qu’il faut accepter un rale3ntissement permettant un salutaire recul, une décroissance?
Même s’il est possible de penser que la décroissance pourrait être un outil, même si cette décroissance est mal défendue, nous la mettrons en bonne position comme instrument pour contrer la barbarie moralisatrice techno-policière.
Parmi d’autres outils, il y a impérativement la pensée, la solidarité, la coopération, l’approche collective, la connexion avec l’autre, la transmissions des recettes, la concentration des expériences citoyennes.
Ces nouveaux outils peuvent permettre de faire perdre prises aux responsables qui nous demandent de faire confiance.
Aujourd’hui, l’industrie de la nouvelle énergie du vent se présente comme une nouvelle intervenante, un nouveau capitaine dans l’armée carburant au développement. Comme le précédent, c’est une industrie qui ne peut exister que par une capitalisation s’appuyant sur les fonds publics. Dans ce cas-ci, tout son schème d’implantation est basé sur l’abandon par l’Hydro Québec de ce secteur dans le cadre de la passe-passe des PPP. Ceux qui sont choisis par appel d’offre reçoivent une généreuse subvention camouflée en garantie d’achat de la production du promoteur à un prix largement supérieur au prix de vente par l’acheteur, l’un des co-signataires de l’entente accordant le contrat au promoteur (sic).
Cette manière de puiser dans les fonds publics s’inspire de technique fasciste du fait qu’elle participe à la mise en place d’une jungle où les dominants prélèvent sans rendre de compte et sans contre-partie. Tout cet argent est détourné de sa capacité de participation au financement de programmes nécessaires et utiles pour servir aux attentes des affairistes de la bulle spéculative associée.
C’est elle qui permettra aux promoteurs des usines d’éolectricité de trouver les investisseurs pour la construction d’un parc industriel inutile, couteux et gouffres financiers, de garantir le remboursement aux investisseurs, de faire des profits sans avoir mis une cenne, de permettre de verdir l’économie noire, de donner des redevances ridicules à ses complices et partenaires, de détruire des écosystèmes, de perturber des citoyens, de massacrer des paysages, de diviser des populations, de voler des terres à l’agriculture, de surproduire inutilement, irraisonablement, irresponsablement, de détourner des argents publics vers les coffres du privé, d’implanter des usines à ciel ouvert, de spolier l’avenir des prochaines générations,
Le développement au début du 21 ième siècle
Nous sommes encore pris dans une spirale de développement dynamisé par l’exploitation des ressources naturelles et humaines.
Malgré l'avancement de la société dans plusieurs aspects, c’est encore l’exploitation des ressources naturelles qui est le secteur porteur. Des offres de prise en charge sont aujourd’hui confiées à des entreprises locales mais aussi étrangères.
Ne parlons pas immédiatement du rôle des institutions de régulations néolibérales de la mondialisation à la solde du capital international et sans nation.
Les conditions se sont modifiées dans l’offre. La ressource est toujours offerte sans mettre d’accent sur les compensations. Il y en a mais elles sont partie d’un ensemble de conditions que l’on veut attrayantes et capables de mobiliser les grandes structures capables d’utiliser et de mettre dans la balance les canons d’une approche techno-scientifique pour justifier des secteurs et projets de développements questionnables ou attaquables.
Le promoteur, oui en 2000 c’est un promoteur, n’a plus à apporter les investissements pour assurer la mise en place d’installations et d»’équipements. Quant à la main d’oeuvre qu'il doit faire travailler, ce ne sera que pour du court terme attendu qu’il n’y a plus obligation d’installer des usines pour le traitement primaire. Tout au plus quelques postes pour surveiller des installations sur informatiser. Une mécanique de paiement existe en tenant compte de redevances que le promoteur devra payer à des petits groupes partenaires ou complices pour l’utilisation de biens, services.
Mais alors s’il n’a plus obligation de fournir le fric, d’où proviennent les redevances qu’ils promettent de verser?
Au départ, l’argent n’a pas à exister. Il ne s’agit que d’un contrat entre le promoteur choisi et celui qui propose les appels d’offre, Hydro-Québec dans lequel le mandataire du propriétaire d’Hydro Québec garantit qu’Hydro Québec Distribution achètera du promoteur toute sa production à un prix largement supérieur à sa capacité de revente pour les marchés potentiels. Comme si ce prix était déterminé pour compenser un investissement non planifié en fonction de sa rentabilité mais juste pour devenir la clef de voûte d’un pactole. Dans une période de sur-production, électricité de toutes provenances, pour le projet de l'Érable le prix d’achat pourrait être aux alentours de 14 cennes (production et transport) en considération d’un prix de revente de 6 cennes si nous prenons l’entente 2010 Québec/Vermont. Notons aussi qu’en vertu de la décision prise le Mercredi 3 novembre 2010 par l'UPA d’endosser une ligne de transport dont les fils devraient être enfouis, le prix de transport devrait pousser le prix de revient à la hausse, si l’Hydro Québec se plie à cette recommandation d’un jouer qui est habituellement son complice.
Le financement du parc
D’où l’argent proviendra-t-il? Verra-t-on se bousculer les corporations qui veulent verdir leurs capitaux noirs?
On peut le croire, tant ces derniers ont intérêt à s’emparer des crédits carbone qui y seront associés. Ces acquis pourraient leur permettre de continuer à s’abreuver à la source première provenant d’exploitation de ressources dans des conditions dommageable à la couche d’ozone en amont et en aval.
Peut-on penser qu’une intelligence maquillera la provenance de ces sommes importantes consacrées à la construction d’usine de production d'éoélectricité, coût d’ailleurs non véritablement déterminé en fonction d’une véritable recherche de profits?
Si les investissements devaient être fournis par le promoteur sans une garantie d’achat à haut tarif de la part d’Hydro Québec, gageons que le prix de production serait ajusté à la baisse et non à la hausse pour dégager les marges permettant de graisser les rouages intermédiaires complices et parasites de ces grands projets de développement.
Fausseté
Il y a donc mauvaise utilisation du terme investissements. N’importe qui dans ces conditions de subventions garanties camouflées en garantie d'achat de la production pourrait mettre en place un mécanisme de financement pour attirer les mouches à mélasse qui s’engraisse aux fonds publics.
Pourquoi avoir exclus l’Hydro Québec
Comme maître d’oeuvre et promoteur d’une filière de production énergétique à partir de nouvelles ressources dans une stratégie de diversification, notre outil collectif aurait été un fer de lance. Sans effectuer un virage il aurait pu mettre ses capacités et connaissances pour devenir le leader mondial de ces nouvelles énergies, attendu le succès de sa filière hydroélectrique.
Dans les années 1980, Hydro aurait dû devenir le leader mondial de l’éolectricité tant sa performance en hydro-électricité lui donnait la crédibilité, les connaissances et la capacité de développer cette nouvelle alternative en la couplant avec l’énergie du soleil.
Mais des forces obscures (à l’Hydro certains cadres préparaient un voyage sur Sirius) et affairistes ont tout fait pour empêcher notre outil de se diversifier dans un secteur d’avenir. Cette diversification aurait permis de développer, pour ailleurs et dans le Nord du Québec, les capacités des énergies reliées au soleil couplées à celles de l’hydrogène.
Mais la force des gaziers veillait!
Voila pourquoi aujourd’hui le Québec n’est devenu qu’un acheteur de bébelles et de brevets pour planter sur chaque colline venteuse du Québec un vire-vent construit par l’industrie de l’éolien financé par les fonds publics sous forme de gros contrat garanti d’achat de production à un tarif fortement supérieur à son prix de revente.
Conséquences
Ces argents qu’Hydro Québec consent au promoteur est à l’encontre des règles capitalistes.
Le prix fixé pour l’achat est déterminé par un coût de production inflationniste et non préoccupé d’une capacité de rentabilité. Les coûts de production sont bien supérieurs aux capacités de revenus par vente sur un marché en sur-production.
La quantité d’éolectricité viendra accroître la production disponible dans un réseau déjà en surplus de production hydroélectrique, gazière et nucléaire (à venir).
Ce nouveau secteur de l’éolien industriel s’alimente aux fonds publics qui sont en fait sa caution pour mettre en place des bulles spéculatives. Il participe donc au détournement d’argent social pour alimenter des groupes affairistes connectés au béton, à la quincaillerie, aux brevets et à la technologie privant ainsi la société de ressources et services tout en accentuant un gouffre financier créé par l’engagement d’Hydro-Québec Distribution à un tarif supérieur au tarif de revente. Comment cela figurera-t-il dans les bilans d’Hydro Québec?
Pour les 100 MGW du Parc industriel éolien de l’Érable on parle de plus de 20 millions par années. Imaginons pour les 4000MGW du premier appel d’offre et le 8000 MGW que l’industrie aimerait bien pour continuer à s’engraisser!
Aujourd’hui faut-il affirmer que la confiance n’est plus le trésor des peuples et que la barbarie devra chercher ailleurs les devises pour capitaliser?
Dans ce cas, faut-il avoir peur d'être accusé d'incohérence, d'irresponsabilité?
Ce n'est pas facile et cela demande de faire confiance aux gens, à leur capacité de penser, d'échapper aux alternatives qui réduisent à l'impuissance.
Des responsables un peu partout affirment qu’ils détiennent la vérité. Bien souvent, en grattant légèrement il est facile pour des citoyens responsables de découvrir que leurs actions s’appuient sur l’idéologie des solutions simples. Rien à voir avec la simplicité volontaire!
Si on laisse ces sectes avoir raison, ce sera la catastrophe.
Serge Gagné
10 novembre 2010