Les gros titres
Les gros-titres : "Le roi est mort, vive le roi!", "J'accuse", "Miracle de la science", "La guerre est déclarée", "Le gouvernement est tombé", "Le tueur avait du coeur", "un homme a marché sur la lune" ...
Il manque aujourd'hui aux journaux imprimés les mains noircies d'encre et de plomb, les gestes nocturnes des ouvriers typographes qui faisaient tourner les rotatives jusqu'au petit matin.
Il leur manque la verve et la gouaille des crieurs de journaux dans les gares enfumées ou devant l'entrée des grands magasins.
C'était une époque où les vitriers promenaient le ciel sur leur dos, où le rubis du vin poussait son chariot chargé de violettes dans les rues foisonnantes de Paris.
En ce temps-là rien ne se perdait. Les pages des feuilles de chou servaient à se torcher le cul ou à envelopper légumes viandes poissons ainsi que les vis les boulons et les clous qui se vendaient à la pesée.
Il n'était alors pas ridicule de se confectionner un couvre-chef avec une double page pour se protéger de la chaleur du soleil d'été.
Des bateaux de papier-journal naviguaient en tournoyant dans les caniveaux de ménilmuche et parfois un petit avion imprévu échappé d'une cours de récréation tournoyait gracieusement dans l'air du temps.