Oubli

Publié le par la freniere

C’était quand qu’au néant
nous jetions des cailloux
du bout de nos godasses
nos bouches à gros mots
fuyant les héritages

c’était quand dis le moi
que tu me vouvoyais
que nous cherchions le nom
de la gare perdue
où l’un l’autre attendrait

c’était quand qu’à ta voix
je me déshabillai
plus nue qu’une naissance
le corps lisse rivé
à tes yeux de seize ans

c’est quand qu’on ira où
tu connais ces fontaines
promptes à calmer le cri
qu’à leurs fonds kaolins
s’enfonceront nos plantes

c’est quand putain dis moi
que ta main ferme et douce
accrochée à ma nuque
secouera mon fou rire
encore
que de mes doigts
je fouillerai ta bouche
que tu parleras trop
et trop vite et tant pis

dis le moi c’est quand est-ce
à quelle heure qu’on s’aime
c’est pas déjà passé ?
oh non ne dis pas ça

 

Kouki Rossi

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Publié dans Poésie du monde

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