Plus haut que les flammes

Publié le par la freniere

tu ne parviens pas
à détruire la douleur
la douleur est ce ver du cœur
qui continue de t’habiter
là, en ce creux
assagi de l’enfance
tel un point sur la carte
du tendre
un village enseveli
sous les décombres
après une catastrophe
sans témoins
aucun récit, aucun visage
ton souvenir est un carré blanc
sur fond blanc
une peinture terriblement
abstraite
un repentir
qui tu grattes du bout de l’ongle
jusqu’au sang
des mots
car les mots laissent aussi
des échardes
sous la peau
quand le doigt touche
le bois mort
de la langue
Louise Dupré
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Publié dans Poésie du monde

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I
<br /> Ce poème est particulièrement beau, il a une sensitivité superbe !<br />