Plus que jamais
Plus que jamais, ce pays aura besoin d'entendre ses poètes.
Hommage et reconnaissance à Ève Cournoyer, une voix qui porte la mienne.
Michel X Côté
Je n'ai pas eu cette chance de la rencontrer, mais sa façon de laisser la vie me trouble terriblement, elle qui laisse en partant un héritage de fleur.
Je n'ai pas été un de ses amis, mais je ne peux m'empêcher de penser à Dédé et à toutes ces personnes de la scène, à tous les artistes qui ne s'accrochent à leurs passions, que parce que c'est la seule bouée dans ce pays centré sur le fric, à en devenir malade.
Je ne peux faire autrement, à tort ou à raison, que de croire que ce climat de négation qui plane sur notre pays, ne soit pas en partie responsable de sa décision. Ce n'est pas très encourageant de voir qu'une si grande partie de nos compatriotes puisse encore être dans le giron des partis politiques qui nous minent de jours en jours.
Je voudrais comprendre sa détresse, savoir pourquoi et comment tant de beauté puisse renoncer à irradier.
J'aimerais qu'il soit possible de communiquer une part de notre combativité, de notre véhémence, de notre solidarité mise à l'épreuve, de notre état de vétérans de l'amitié et d'en verser une larme pour chacune de ces personnes, qui seules un moment de trop prennent la pire des décisions.
Je vous laisse avec cette peine que vous portez, plus grande que la mienne sans doute, pour avoir vue la lumière de ses yeux, en vous confirmant ma sympathie et ce blues qui va voir les fleurs autrement aujourd'hui, demain et pour longtemps.
Que tout vous soit doux, malgré l'impuissance et la tristesse.
Daniel Gagné