Tu es parti
À Robert
Tu es parti
Les feuillages frémissent
À peine.
Il y a dans l’air
Cette odeur de mimosas
D’oliviers qu’amène toujours
La mort.
La plage est vide,
Les barques immobiles
Seuls tes pas
Sont encore inscrits, un peu,
Sur le sable
Que cerne déjà l’hiver.
Les écureuils sont à Versailles
Ils ne parleront plus jamais
Ne viendront plus jamais
Boire la mer.
C’est Elle qui revient,
Je l’entends ratisser la plage.
Elle a sa robe d’or
Toutes ses décorations.
Elle a touché ton front
Tes joues
Mesuré tes hanches
Elle a effacé même tes rides.
Je t’appelais : brouillard
Enfant des lunes
Et des citernes
Des palmiers
Des Paris déserts,
Tu disais : vie :
Ces astres morts
Qui roulent
Dans les printemps éteints.
Tu es parti. Tu pars.
Ma jeunesse est assise
Un peu plus loin
Sur la plage,
Elle n’a pas tourné la tête
Quand tu as passé.
Elle a tourbillonné un peu
S’est jetée avec toi
Contre les vitres,
Très haut,
Vers la mer.
Claude de Burine