Tu es parti

Publié le par la freniere

 

 

À Robert

 

Tu es parti

Les feuillages frémissent

À peine.

Il y a dans l’air

Cette odeur de mimosas

D’oliviers qu’amène toujours

La mort.

 

La plage est vide,

Les barques immobiles

Seuls tes pas

Sont encore inscrits, un peu,

Sur le sable

Que cerne déjà l’hiver.

 

Les écureuils sont à Versailles

Ils ne parleront plus jamais

Ne viendront plus jamais

Boire la mer.

C’est Elle qui revient,

Je l’entends ratisser la plage.

Elle a sa robe d’or

Toutes ses décorations.

Elle a touché ton front

Tes joues

Mesuré tes hanches

Elle a effacé même tes rides.

 

Je t’appelais  :  brouillard

Enfant des lunes

Et des citernes

Des palmiers

Des Paris déserts,

Tu disais : vie :

Ces astres morts

Qui roulent

Dans les printemps éteints.

 

Tu es parti. Tu pars.

Ma jeunesse est assise

Un peu plus loin

Sur la plage,

Elle n’a pas tourné la tête

Quand tu as passé.

Elle a tourbillonné un peu

S’est jetée avec toi

Contre les vitres,

Très haut,

Vers la mer.

 

Claude de Burine

 

 

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Publié dans Poésie du monde

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C
<br /> Superbe et émouvant<br /> <br /> <br /> Christiane<br />