Yann Orveillon
Jusqu'au bout il aura été un Veilleur de Feu.
«A l'instant, j'apprends, non sans une grande douleur, la nouvelle de la mort de Yann. Le colosse breton s'est effondré et libéré après des années de souffrances physiques continuelles qu'il combattait comme toute sa vie durant il a combattu l'hydre de l'inhumanité et seule une volonté farouche, au-delà du supportable pour le commun des mortels, le tenait terriblement debout, contre les vents et les marées hostiles. Cet homme-là ne supportait aucune résignation, c'était un guerrier au sens antique du mot. Sa chienne l'attendait très certainement à l'entrée du sentier obscur, et ensemble ils s'en vont le long des rivages vers ce pays radieux de la fraternité humaine qui fut sa raison ardente de vivre: à n'en point douter, il nous a légué en partant quelques brûlures de ce feu sacré que Rimbaud projetait dans l'avenir.» André Chenet