L'ours

Publié le par la freniere

Il y a des jours où je voudrais m'en aller hiberner loin dans les bois, à des kilomètres du bruit du réfrigérateur, du bourdonnement des heures. Il y a des nuits où je fermerais toutes les lumières de toutes les villes de la terre. Je roulerais en boule tous les boulevards, rues et bretelles d'autoroute. Je détruirais tous les ponts, viaducs, oléoducs et machins trucs qui conduisent à la cupidité, puis je m'en irais. Il y a des jours comme ça où j'aimerais me dissoudre dans la lumière, mais je me suis engagée à vivre et à me solidifier tel l'ours sur ses deux pattes arrière.

 

Il y a d'autres jours où je grogne et signe des pétitions pour me donner l'illusion d'être dans l'engagement, un mot grand comme une barque à dix places où la planète entière rame à coups de clics et d'espérance.

 

Monique Juteau   in Art Le Sabord 100

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Publié dans Poésie du monde

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