Les filaments du coeur
Pourquoi sommes-nous si loin?
Il faut sans cesse casser les amarres
et naviguer très haut dans la maison de l'air.
Je te trouve partout
en haut des arbres,
au ras des ombres,
partout entre les lignes,
dans la neige et la pluie.
Les ailes de tes jambes
me permettent de voler.
Je te trouve partout
exactement sous le soleil,
dans les gestes et les mots,
entre l'encre et le sang,
partout parmi les oiseaux nus,
les fruits ouverts,
les muscles des rivières,
le chant des branches,
les coffres à baisers,
les filaments du cœur.
Je te trouve partout
sur les prélarts et les fontaines,
les yeux vitreux des murs,
dans les trous d'ombre et la lumière,
le noir, le blanc et les couleurs,
les temps forts et les temps faibles.
Nos œufs éclosent
sur la paille du cœur.
Mon corps trop vaste pour moi seul
n'attend que ta lumière.
Jean-Marc La Frenière