Humeur matinale persistante

Publié le par la freniere

Je vis de souvenirs oubliés

de ta main sur mon cou

quand la brise se lève

Je vis parce qu'il ne faut pas renoncer

renoncer à soi-même

renoncer à ces réveils solitaires

A la toute première gorgée de café

et jeter le reste

Ne garder que l'essentiel

ne rien garder

juste se souvenir lorsqu'il est encore temps

des écorchures sur les genoux

des séparations impossibles

avec la fille du 6éme

de la beauté de sa mère

devant le parc Monceau

du vacillement incertain

sur la balustrade de la fenêtre

quand l'enfance devient un cauchemar

juste se souvenir

de l'immensité du désert

du sable qui roule sous ses pieds

à nous ensevelir

de la chaleur des nuits sucrées Antillaises

juste

cette profonde blessure

qui se souvient d'avant le mal

d'avant tout pleur

quand même les pierres parlaient

et le vent caressant écarquillait nos yeux encore enfant

juste se souvenir

que rien ne nous faisait peur

rien n'était impossible

nous étions les enfants du soleil

Depuis

quelques souvenirs

ont obscurcis l'horizon

et on ne sait plus où commence le ciel

nous sommes les sans ciel

d'un monde

qui ne sait plus se regarder

qui ne sait plus où regarder

Alors que tout est là

au tout dedans

là où se forge

la ravine de nos émotions

le printemps de nos jours meilleurs


 

Jean-Luc Gastecelle

 

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Publié dans Poésie du monde

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