La table est mise
Mon poème, ce matin, est comme un riz au lait. La langue dans la bouche suçote les consonnes. La chair chante sous la robe des fruits. Sous la terre des mots, les racines grammaticales ont une haleine de vanille, des odeurs d'herbes vertes. Des doigts de fée tissent la nappe. J'écris avec des mots gourmands qui s'ouvrent comme un pain, des mots fumés au bois d'érable et des groseilles grasseyantes. La page les avale comme un chiffon de laitue. Les phrases qu'on écosse sentent les petits pois. La pâte lève sur les voyelles farineuses. La langue se déshabille sous le fumet des mots. La table est mise pour les mangeurs de rêves et les voleurs de pommes. Tout autour, des chaises de silence attendent la musique.
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