Ce serait la Toscane

Ce serait
Bouches altérées, contre mourant, contre grisaille, contre jours bouillis.
Nous aurions des outrances d’oiseaux aux premières cerises. Sans mot
d’excuse, comme avril en sueur aux aisselles des champs. Fièvres blanches,
paroles d’arbres, la route irait vers le plaisir. Ce serait
jour de contrebande. Sans errances mais le chemin plus grand que nous. La
pensée chasserait une vieille abstinence et nous serions fragiles, et forts,
là où le pré marie ses eaux. Aux racines d’en haut, viendraient tendues,
ventres serrés, des noces singulières. Ce serait
présent.
Ile Eniger
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