Je t'aime

Publié le par la freniere


Je t'aime depuis deux secondes, depuis des siècles et des millions d'années. Je t'aime depuis toujours. Je t'aime dans tous les trains du monde, les gares, les avions. Je t'aime au-delà de la mer comme au-dedans de moi. Je t'aime de partout, de l'échine à l'horizon, de la Chine au Québec, de l'Étoile polaire jusqu'à la Terre de Feu. Au-delà du destin, j'habite ta lumière. J'écris ton nom pour répondre à la terre. J'ai gardé les plus beaux mots pour toi, le fruit des rêves pour ta bouche. De tes mains ouvertes vers moi, tu me soulèves ailleurs. L'azur vient couronner mes tempes. Tu enlumines les pages de mon livre.

           

Tous les je t'aime que je te dis sont les premiers je t'aime et le seront demain. Nos dernières caresses sont les premières caresses. Englobant tous les autres, notre amour est le premier amour et le dernier amour. C'est un feu dans la terre glacée, une lumière dans la nuit qui donne sans compter, un été sûr de lui quand les climats titubent, un peu plus d'infini au bal des étoiles.


Rendu à soixante et un an, je t'aime encore plus qu'à soixante ans. Je t'aimerai davantage à soixante-dix,
beaucoup plus chaque nouvelle année, chaque semaine, chaque seconde. Je t'aime la flamme à l'âme, l'éclair aux yeux. J'ai trouvé avec toi un commencement d'éternité, l'amour qui lève et nous révèle. Le chaud désir du monde fait bouger nos racines. Ce qui nous éloigne nous rapproche. Ce qui nous échappe nous retient. Où tu rêves d'espace, j'apporte l'espérance.


Ton jardin m'a ouvert son album de famille. Sur les chemins du corps, mes mains trouvent la source. Mes yeux découvrent la lumière. La courbe de l'étreinte rend nos corps habitables. Le temps n'est plus abstrait. Il bouge dans ton ventre. L'espace entre nous se laisse dériver. Tous les mots goûtent la salive. Je les prononce en forme de baisers. Nous sommes nus et nous. Nous sommes plus que toi et moi. Nous sommes la somme et l'unité. Dans le corps nu des mots, ta lumière m'atteint comme une balle de bonheur. Mes yeux remplis de toi vainquent la cécité.


Je sais que je t'aime et que tu m'aimes. Je ne sais que cela. Je regarde dehors et je ne vois que toi. Je regarde en dedans et je ne vois que nous. Aujourd'hui, ce n'est pas le premier juillet 2009, c'est le premier jour de notre amour. C'est toujours le premier jour de notre amour. Depuis le tout début. Je ne veux pas comprendre, je veux t'aimer toujours mieux. Je te veux toute. Quand je marche avec toi, la route est trop étroite tant notre amour déborde. Je ne peux plus me perdre tant nos pas sont ensemble. Je monte vers le ciel tant la terre est légère. Laquelle, de ta main ou de la mienne, agrandit l'horizon ? Aucun de nous n'est l'autre. Nous ne sommes que nous. Nous ne sommes qu'ensemble.


La nuit toujours j'attends tes pas. J'entends ton souffle dans le vent. Je sens ta bouche sur mes lèvres. Je tiens tes hanches dans mes rêves. J'ajoute des heures à chaque jour pour t'aimer plus longtemps. De toi, je viens à toi. De moi, je viens à nous. Je ramène sur nous les quatre points cardinaux, la ligne d'horizon, la couleur du ciel. Tes mains sont deux miracles. Tout ton corps est mon cœur. Je te désire de partout, de la mémoire des ancêtres au dernier des vivants, de l'atome initial à la dernière étoile.


Tu es loin mais c'est une illusion. Tu es incroyablement proche. Je te sens dans ma chair. Ta langue bouge avec la mienne. À chaque instant, je te prends la main. Je t'aime et je t'enlace. Mon jardin pousse pour toi. J'y fais germer des milliers de caresses. J'ouvre les draps pour toi, les fenêtres, les yeux. J'ouvre les mains pour accueillir ta présence.


Penser à toi, c'est déjà t'aimer, te prendre dans mes bras. Lorsque nous nous touchons, la lumière apparaît. Tu remplis le mot femme d'une beauté si douce. Tu es pareille à toi, pareille à notre amour. Tu es un million, un milliard d'étoiles. Tu es mille fois nous. L'espace est trop petit. Le temps est bien trop court. J'apprends l'éternité pour t'aimer plus encore. Je ne suis plus un homme parmi les hommes, je suis l'homme qui t'aime.


Je t'écrirai hier. Je t'écrivais demain. Je t'écris toujours. Tout mon temps est pour toi. Le reste est superflu. Je t'apporte un petit tournesol. Toujours tourné vers toi, je te verrai à travers lui. Tu es là tout à coup. Tu jaillis dans mes bras comme une gerbe d'écume. Il conviendrait que tu y sois. Je boirais même de la tisane. Je ferais le ménage. J'inviterais les anges. L'incroyable beauté, tu la vois où elle est. Nous la voyons ensemble. L'amour nettoie et simplifie. Nous sommes deux pour un seul cœur.


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Publié dans Prose

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