Ces mots
Je t'aime, les mots m'entrent dans la peau, ne bougent plus. Immobile
parole. L'innommable, la toute. Je dessine leur arbre, l'eau dans la gorge,
ce chant. La demande s'élève, exigeante, vibratoire, imperceptible
mouvement d'air sur la feuille des mains. Quelque chose renverse qui ne se
voit pas, ne se manifeste pas, mais touche. Et donne l'amplitude. Je
t'aime, les mots ne disent rien, ils sont. Leurs gestes multiplient le
silence, la puissante nudité. Un vinaigre de nuit pique la chair humide.
Pas de son, pas de voix, rien. La totalité. Je t'aime. Ce tressaillement
à peine plus rapide. La vitesse du corps. La fulgurance.
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