File d'attente
File d’attente à la boucherie,
la porte de la chambre froide s’entrebâille,
laissant voir quelques carcasses suspendues
qui hier encore
bêlaient ruminaient dormaient,
se préparaient à notre assiette,
et bêtement je me demande :
pourquoi eux
et pas moi ?
Pourquoi moi le mangeur,
eux les mangés ?
Étourdi oubliant
la vie qui nous grignote,
chaque instant, chaque instant.
Publicité