Flibuste 21

Publié le par la freniere

L’horizon mon vieux, c’est comme des plages de soleil pour les uns et des trombes d'eau pour les autres. A grands coups de seaux d'eau, je te dis ! C'est comme ça ! Y a comme une tempête qui gronde à l’horizon. Un grondement sourd. Ouvre bien  les yeux, l’ami. Regarde l’azur et le monde. Le soleil est de fer ici, et les nuages s’amoncellent là-bas, noirs et chargés de pluie. Des trombes d’eau, je te dis ! Et la main de l'homme n'y est pas pour rien.

 

Oui, je sais, le climat est déréglé. Mais l'être humain l'est aussi. Je te jure ! Comme parvenu à un seuil critique, déboussolé. Affolé. Aimanté. Constamment remis en question. Jusque dans son intégrité. Ébranlé jusque dans ses convictions les plus profondes.

 

Comme si tares et qualités venaient se confronter ! Se juxtaposer. Rivaliser. Y a qu'à lire les journaux. Bruits de bottes et manigances. Propagande à tous les étages et mensonges d'états. Au pluriel ! Rien ne va plus, ma bonne vieille Terre !

Et nous, nous chevauchons les mers, malgré nous, dans l’espoir d’épouser quelques rêves enfin réalisables, et pour échapper aussi à ces dures réalités. 

 

Mais nous avons bon espoir. Nos trésors et nos rêves sont en nous, inaliénables !

 

L'homme serait-il devenu fou ? Non, il l’a toujours été ! Les yeux clos et le cœur fermé, ivre de pouvoir et toujours prêt à tuer. Dis-moi, c'est quoi, au juste, un être humain ? Enfin, je veux dire, un vrai !

 

Il y a des temps comme ça… Et les artistes rebelles se retrouvent toujours à la croisée des chemins. Fragiles et sûrs à la fois, avec un talent dans les mains, sculptant l’avenir en tâtonnant vers la lumière, et dénonçant les chaos irréversibles. Hélas, si tu observes bien, et pour peu qu’il te reste des yeux pour voir, aujourd'hui l'artiste rebelle n'a plus la parole, parce qu'on a pris sa place et son rôle d'avertisseur, de maître fou, de génie déraisonnable, d'équilibriste judicieux entre des mondes saturés de folie mercantile et meurtrière.

 

Il y a des temps comme ça où le rebelle sincère se retrouve bien seul. Presque sacrifié, comme aujourd'hui, sur l'autel du nihilisme. Moi je te le dis, on vit une drôle d'époque !

 

Alors s’il te reste encore quelques forces et quelques espoirs, si l’envie d’un ailleurs te semble encore possible, rejoins-nous moussaillon ! Car le temps est venu d’agir ensemble ! Bienvenue à bord, nous venons d’embarquer ! Nous avons hissé nos voiles de liberté, et même si nous ne sommes pas parfaits, nous voulons naviguer !

 

Adieux rivages insolents, crève-cœurs et monde d’argent ! Nous allons confronter la création à la destruction, et allumer tous les espoirs. Et nous opposer à la destruction systématique de l'art et des pensées.

 

Nous voici, les yeux rivés sur la route initiatique qui nous est propre et qui curieusement aussi, à bien des égards nous est collective. A nous, âmes d'artistes ! Fidèles à nos rêves et toutes voiles devant, nous embrasseront les vents et tous les ports, et nous serons de toutes les marées.

 

Nous ne serons jamais plus vivants qu'en étant nous-mêmes !

 

pour lire la suite Lou Florian

Publicité

Publié dans Poésie du monde

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article