L'oignon
Oter une à une,
rousses et dorées,
les pelures de l'imaginaire,
pour essayer d'atteindre
la chair.
Quand sait-on qu'on touche le réel ?
Quand le jus du souvenir pique les yeux
ou que l'odeur nous colle aux doigts ?
Effeuiller tranche après tranche
— plus ou moins charnue
plus ou moins juteuse —
la peau des jours
pour trouver le cœur de la vie.
Jusqu'à la dernière couche
refermée sur elle-même,
germe
plus mort
que l'éphémère de la peau.
Le cœur du secret de la vie
est qu'il n'y a pas de cœur.
Seulement la vie qui fuit,
encore et encore la vie.
Nicole Laurent-Catrice
Publicité