La nuit tombe de nos masques
Devant toi, je te parle comme si tu n’étais plus là. Les feuilles de mon arbre se fondent dans la matière du ciel. Tout se partage, se transforme et devient nôtre, l’instant d’une seconde de lucidité. Discernement corrosif que nous fuyons par nos imaginaires. Puis, tout se refait ailleurs, autrement, dans une cascade d’évènements, de faits, de dire et d’ententes colportées. Jusqu’à une fois prochaine. Jusqu’à la fin.
Le calme apparent ne tient qu’avec des cales posées sous ses pieds. La vie nous harangue autant qu’elle nous déprécie de ses frasques humaines. A contre-ciel, des oiseaux parlent avec le monde entier. Il y a une fenêtre noire ouverte dans l’espace chaotique du sentiment. Un hublot avale nos cœurs pourtant devenus des rochers. La nuit tombe de nos masques. Nos moelles tètent à l’étoile qui pénètre nos ventres. Nous répondons à la torpeur de l’énigme vitale en reprenant la position fœtale, notre pouce entre les lèvres du monde.
Tu as choisi des raccourcis aux extrémités du blanc. Il ne peut y avoir de concurrence à l’intérieur de soi. Il ne peut y avoir un espace à combler dans l’intervalle du vide. Tu t’es libérée d’une entité hypothéquée à la fracture de la lumière. Tu as osé ne plus craindre, ne plus redouter, ne plus te réduire à la servitude de l’amour exclusif et lacunaire.