Le caillou blanc (France)
Epuisée de courir
après mon ombre,
j'ai choisi de suivre l'hiver
et son pas de misère.
Affamé, chancelant,
il fraie sa route
sur nos peaux concassées.
Derrière les murs
aux cernes violets,
quelques visages s'éteignent
de n'être que frôlés.
Lenteur du ciel
qui essaie vainement
de rattraper son bleu.
Et je vais,
de la brume à la chambre,
du chahut du froid
au silence du lit,
pour ranimer le feu
des caresses éteintes.
M'escorte la douleur des oiseaux.
Mais se souvenir
fait des ronds de lumière.
Dans la maison d'autrefois,
l'enfance est le caillou blanc
sur le sentier des mûres.
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