Speak Winter
Ça y est! J’ai fini par donner raison à tous ces ingrats qui me lançaient, lorsque je chialais contre le Québec, de m’en aller si j’étais aussi malheureux. Mes cliques et mes claques : quatorze ans d’infrastructure mièvre, de ponts et patries défaillantes, de pianos désaccordés avec neuf bières dessus qui ne sont pas à moi, de mitigez vos passions, de guerres de clocher chez les athées, de jobs empruntées deux mois aux vieux, de culs de banlieusards et de fils à papa qui sentent le pipi jusqu’à quarante ans, d’échecs professionnels déguisés en succès, d’urticaire devant l’ignorance volontaire malgré tant de bibliothèques et de connexions haute-vitesse, d’immigrants all-dressed, d’indifférence intolérante, de surdose de hockey, d’accents laids, d’abus de la GRC et de l’impôt, d’éducation déficitaire mais arrogante, de grèves inutilement festives, de bon indoor qui gèle la volonté, d’art terroriste et messianique et de rêves partis dans un reflux de sloche…
Tant de banques et de neige, qu’est-ce qui reste au pays? Je l’ai déjà dit : il faut encourager les gens de bien, qui ont encore une créativité en règle, de quitter le pays, de donner leurs miracles à des peuples plus reconnaissants et moins suicidaires que celui-ci. Je renonce à finir épuisé, rongé par le cancer d’un pays mort-vivant, comme Pierre Falardeau, martyr. De plus, ceci n’est pas mon pays. C’est l’hiver [sic].
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Frans Ben Callado