Suffit

Publié le par la freniere

Si vaste soit la création,

elle est plus étroite qu’une niche.

D’ici à là-bas. Pierre, arbre, maison,

je bricole. J’arrive en avance, en retard.

 

Parfois pourtant quelqu’un arrive,

et ce qui est, soudain se déploie.

La vue d’un visage suffit, une présence,

et les papiers peints se mettent à saigner.

 

Suffit, oui, une main suffit

quand elle remue le café

ou «se retire après les présentations»,

suffit, pour oublier l’endroit,

la rangée de fenêtres sans air, oui,

pour qu’en rentrant la nuit dans notre chambre

nous acceptions l’inacceptable.

 

Janos Pilinszky

traduit du hongrois par Lorand Gaspar

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Publié dans Poésie du monde

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