Tendresse (Québec)

Publié le par la freniere

 

Quand on s’approche

D’un enfant qui vient de pressentir

Les premiers creux de nuit sous ses pas,

Il faudrait d’abord se purifier

Avec du silence,

Se déposséder de soi, se brunir,

Comme un galet longtemps lissé

Par la mer n’entend plus

La tourmente du vent.

 

Et aller vers lui,

Comme une forme d’oiseau

S’offre à la nudité du seul esprit,

Avec des ailes imposantes,

Mais libres, paisibles

Comme un souffle.

Et retenir le parcours,

Dessiné d’un trait de plume,

Du cygne qui va, oublieux de son savoir,

Sur le miroir de l’eau.

Ou, avant tout,

Dans le trouble de l’inquiétude,

Trouver des gestes d’une douceur

Qui se moule aux dunes de sable.

 

Jamais il ne faut effrayer le regard,

Ni la lumière qui nidifie

Dans les éclaircies de l’âme.

La douleur entraîne trop souvent

Avec elle, des étonnements, des mutations

Sous la force de remous brusques.

Et l’être risque de se taire,

En deçà, là où se réfugie l’angoisse.

 

Fernand Ouellette


extrait du dernier numéro de Mouvances : Le silence


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Publié dans Poésie du monde

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