Dans le poème
Dans le poème on a tous
« son coin »
y en a des qui y plantent des œillets
d’inde ou d’ailleurs
pour éloigner les mouches à carottes
et des qui y guettent
des carpes
et des qui disent que c’est « leur coin »
et qui y bâtissent des murailles protectrices
contre les étrangers pas de leur « leur coin »
et des qui vantent les mérites
du poème de « leur coin » : gouleyant
long en bouche and so on
et d’autres encore qui proclament
que “leur coin” est “leur coin” et que “leur coin” est le “vrai coin »
et quelques heureux vaquent à leurs vagues occupations
d’un bout de vague coin
qu’ils n’ont pas cadastrés
mais des fois ça mord
et des fois aussi les carottes
sont goutues
même mordues par de sales mouches d’ailleurs
et le poème ?
le poème s’en contrefout & se marre
vieux pécheur en étang
depuis longtemps vidé
de toutes ses carpes & carottes& cadastres& mouches
le poème est un parfait étranger
(sans carte ni de pêche ni de séjour)
(ni hameçon)