Le tournoi des sphères
surtout avec les appareils
flottant dans le vase d’urine bouillie
et les pansements gelés de l’hiver
sans fruits ni marinades.
on guérit pauvre de sa naissance,
mais surtout seul.
Je ne regrette pas l’isolement.
C’est une identité morale.
On ne meurt qu’entouré
de ceux qui n’y sont pas.
La solitude est toujours la faute des absents,
pour murmurer au chevet de personne.
Même les jours sont seuls,
pleurant dans les ruelles de gazoline,
les matins de nuits blanches immaculées
qui ne tacheront pas les draps
ni plus tard les mouchoirs.
Des vautours sont cloués
aux portes épaisses
de celles qui pleurent le long des jambes
les larmes de race prisonnière,
en criant que même les enfants ont peur
des ténèbres de leurs ventres,
encore trop innocents pour savoir
que la mort est le contraire de la solitude.
Je le sais, qu’on est seul,
comme de ne pas bander au Paradis
avec les panthères de fudge,
enfermées avec personne
dans les armoires de la garderie.
je partirai toujours mon char battu
dans l’aurore frileuse des granges glacées
où refroidit le sang
Une enfant en fin de chaleur
est née dans la porcherie,
elle ne sera jamais seule
comme ses sœurs disparues.